Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Agriculture – Pêche

Des agriculteurs isérois ont enterré des slips dans leurs champs, pour évaluer l'état du sol

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Isère, France Bleu

Dix-huit agriculteurs isérois qui travaillent sur les bénéfices du non labour des champs et la réduction des phytosanitaires ont enterré il y a trois mois des slips sur leurs parcelles, pour tester l'activité biologique de leur sol. La méthode paraît loufoque... mais ça marche !

Roland Badin a déterré son slip en coton après l'avoir laissé trois mois à 15 centimètres de profondeur sur sa parcelle
Roland Badin a déterré son slip en coton après l'avoir laissé trois mois à 15 centimètres de profondeur sur sa parcelle © Radio France - Damien Triomphe

Maubec, La Tronche, France

Roland Badin est agriculteur à Maubec (Isère), près de Bourgoin-Jallieu, membre du groupe Isère Sols Vivants, qui promeut le non-labour des champs et la réduction des engrais chimiques. Et il fait partie des dix-huit agriculteurs isérois qui ont tenté l'expérience : enterrer un slip en coton au mois de mars dans l'un de ces champs de blé et le déterrer 90 jours plus tard pour évaluer l'activité biologique de son sol.

"On a enterré un slip, maintenant c'est un string !" s'exclame Roland Badin en sortant le sous-vêtement de terre. Moins que ça : le coton a entièrement été "consommé" par les micro-organismes du sol. Il n'en reste que les contours synthétiques et l'élastique principal. Une bonne nouvelle pour lui : son sol se porte bien. Il faut dire que ça fait quinze ans qu'il veille à l'activité biologique de son champs, en ayant adopté l'agriculture de conservation. "Depuis 2003, on a arrêté de labourer, on exporte le grain et on laisse les pailles, on agrade** avec du fumier" explique-t-il. Le sol est toujours couvert, protégé du soleil et de la pluie.

**Améliorer le sol, par opposition à ce qui le dégrade - NDLR.

Plus le slip est abîmé, plus le sol est riche en micro-organismes

L'un de ses voisins a, lui aussi, réalisé l'expérience dans son champ de blé. Il est également agriculteur à Maubec. Et son slip - fourni, comme le premier, par la Chambre d'agriculture de l'Isère - , son slip était nettement moins dégradé. Les micro-organismes, vers de terre, bactéries et autres, sont moins présents sur sa parcelle. "Ce qui est logique, puisque je travaille encore un peu mon sol. On sait qu'avec un travail mécanique, on détruit toute cette vie-là du sol!" développe-t-il. 

Une technicienne de la Chambre d'agriculture de l'Isère coordonne l'expérience et anime le groupe Isère Sols Vivants. "Ce n'est pas scientifique mais c'est révélateur" estime Lætitia Masson, "et c'est quelque chose de visuel, qui peut sensibiliser les autres agriculteurs à ça." Elle n'exclue pas de développer ce "test du slip", à la fois efficace et assez insolite pour assurer une bonne communication. L'expérience est concluante avec évidemment n'importe quelle autre pièce de coton.

Maubec, en Isère - Radio France
Maubec, en Isère © Radio France - Denis Souilla
Choix de la station

France Bleu