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Des agriculteurs organisent une opération "contre-étiquetage" dans un hypermarché Leclerc à Bayonne

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Par , France Bleu Pays Basque, France Bleu

Une vingtaine d'agriculteurs du Pays Basque a organisé ce lundi, une opération "contre-étiquetage" au Leclerc de Bayonne, à l'appel de FNSEA et Jeunes agriculteurs. Les syndicats espèrent faire pression sur la grande distribution alors que se tiennent les négociations commerciales annuelles.

Une vingtaine d'agriculteurs a organisé une opération contre-étiquetages dans un supermarché Leclerc à Bayonne
Une vingtaine d'agriculteurs a organisé une opération contre-étiquetages dans un supermarché Leclerc à Bayonne © Radio France - Sonia Ghobri

Des drapeaux de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs (JA) dans les rayons du magasin Leclerc à Bayonne. À l'appel de ces syndicats, une vingtaine d'éleveurs et de producteurs du Pays Basque ont organisé ce lundi 22 février, une action pour réclamer une meilleure rémunération de leur production et dénoncer les marges de la grande distribution. 

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Non-respect de la loi Egalim selon la FDSEA et les JA

Un problème censé avoir été réglé par la Loi Egalim, promulguée en 2018 après les États généraux de l'alimentation. Elle fixe trois objectifs : "favoriser une alimentation saine, sûre et durable pour tous ; renforcer la qualité sanitaire, environnementale et nutritionnelle des produits et payer le juste prix aux producteurs, pour leur permettre de vivre dignement de leur travail"

Deux ans plus tard, les syndicats FDSEA et JA estiment que cette loi n'est pas respectée. Dans un communiqué commun ils appellent "l'État à prendre des mesures fermes et à faire pleinement respecter la loi". 

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Les enseignes Carrefour, Système U et Intermarché ont été sanctionnées par la Direction générale de la consommation, de la concurrence et de la répression des fraudes (DGCCRF) le lundi 10 février dernier, pour non-respect de la loi Egalim. Carrefour doit s'acquitter d'une amende d'environ trois millions d'euros, Système U 1,4 million d'euros et Intermarché de 211.000 euros.

La crise a bon dos : les prix dans les grandes surfaces n'ont pas baissé. Les gens ont besoin de se nourrir, ils consomment. Seulement, ils profitent de la moindre occasion pour nous faire baisser les prix. Les agriculteurs sont encore une fois pénalisés

Eric Mazin, éleveurs de bovins (lait et viande) à La-Bastide-Clairence demande aux intermédiaires d'être plus transparents sur leurs marges. "Parce qu'elles sont beaucoup trop importantes. Les grandes surfaces ne jouent pas le jeu. Si on prend l'exemple du lait : il y a un an, je le vendais entre 35 et 38 centimes, ce n'était déjà pas énorme. Aujourd'hui, je vends mon lait à 32 centimes le litre et je le retrouve dans les rayon à presque deux euros le litre. En plus, les charges augmentent : le fioul, les engrais, les aliments qu'on achète pour le bétail... Avec la sécheresse de l'an dernier, le prix des céréales a augmenté. L'alimentation de nos animaux coûte plus cher mais le prix du lait baisse. Les comptes ne sont pas bons". 

L'agriculteur estime que les centrales d'achats pourraient aisément débourser 40 centimes par litre de lait . "Cela ne serait pas un gros effort pour eux. Et nous, ça nous permettrait de vivre dignement de notre métier et d'inciter les jeunes. J'ai deux enfants qui sont mordus d'agriculture mais j'ai peur pour leur avenir. Comment je vais leur transmettre mon exploitation ? Je ne veux pas perdre mon exploitation". 

L'agriculteur souligne par ailleurs que les grandes surfaces font de très bons chiffres d'affaires depuis le début de la crise du coronavirus. "On nous dit qu'avec la crise économique, il faut tirer les prix vers le bas mais pour moi c'est de l'intox. La crise a bon dos : les prix dans les grandes surfaces n'ont pas baissé. Les gens ont besoin de se nourrir, ils consomment. Seulement, ils profitent de la moindre occasion pour nous faire baisser les prix. Les agriculteurs sont encore une fois pénalisés".  

Plus que quelques jours avant la fin des négociations commerciales annuelles dans le secteur agro-alimentaire 

Ainsi, à quelques jours de la fin des négociations commerciales annuelles dans le secteur agroalimentaire, il n'est pas question de relâcher la pression. Ces discussions visant à déterminer les prix des produits vendus en supermarchés (hors marques de distributeur) et la rémunération de tous les maillons de la chaîne alimentaire, doivent s'achever le 1er mars. 

Une vingtaine d'agriculteurs s'est donné rendez-vous au magasin Leclerc à Bayonne, pour une opération contre-étiquetage. La direction était avertie, deux voitures de police était postées devant l'hypermarché pour s'assurer du bon déroulement de cette action. Les agriculteurs sont arrivés en tracteurs. Une fois les six engins garés, ils ont accroché leur banderole : "Notre travail à un prix. Il doit être payé à sa juste valeur".

Puis, les producteurs sont entrés dans la grande surface. Ils ont distribué des tracts afin de sensibiliser les clients. Les slogans de plusieurs enseignes comme Leclerc sont détournés : "Nos régions ont du talent... Mais ses artistes sont bénévoles"

"Le commerce qui profite à tous... Sauf aux producteurs". Des membres du syndicat agricole FDSEA 64 ont distribués des tracts dans lesquels ils détournent les slogans de plusieurs enseignes
"Le commerce qui profite à tous... Sauf aux producteurs". Des membres du syndicat agricole FDSEA 64 ont distribués des tracts dans lesquels ils détournent les slogans de plusieurs enseignes © Radio France - Sonia Ghobri

Une "hypocrisie" qui agace Michel Collet, éleveur de porcs et producteur de céréales à Urt. "Ces patrons de la grande distribution dont Monsieur Leclerc affirment se préoccuper des consommateurs et des producteurs alors qu'en réalité, ils cherchent toujours les prix les plus bas. Des prix qui ne rémunèrent pas assez les producteurs et qui trompent les consommateurs". Cet exploitant agricole dénonce par ailleurs une concurrence déloyale. "Ils permettent dans le même temps à des produits de l'étranger d'être en concurrence avec nous. Sauf que nous, nous répondons des normes sanitaires plus strictes".  

Les syndicats FDSEA et Jeunes agriculteurs demandent une meilleurs traçabilités des produits alimentaires
Les syndicats FDSEA et Jeunes agriculteurs demandent une meilleurs traçabilités des produits alimentaires © Radio France - Sonia Ghobri

Au rayon boucherie, Eric Mazin colle une étiquette "Je ne sais pas d'où va vient". Il se justifie : "si on regarde l'étiquette de cette viande de porc, on peut lire : «origine : France». Sinon, toutes les cases sont vides. Mais cela peut être trompeur parce que la bête peut venir de l'étranger et avoir été abattue en France. Ce porc a été abattu dans un abattoir en France mais je suis prêt à parier que ce porc n'a pas été élevé en France".

A quelques mètres, Vincent Diribarne, éleveur de canards à Urt colle un faux billet de 100 euros. "C'est pour montrer que sur ces 100 euros, 6,5 euros sont redistribués au producteur, et 68 euros pour les intermédiaires, et la somme restante revient à l'Etat, ce sont des taxes. Ces chiffres viennent des syndicats FDSEA et JA. Ils ont fait une moyenne au niveau régional, en prenant en compte toutes les productions, lait, viande, céréale". 

Une adresse mail pour dénoncer les abus 

Le 30 janvier, le gouvernement a mis en place une adresse mail (signalement@agriculture.gouv.fr) pour signaler des prix alimentaires en magasins semblant trop bas par rapport aux coûts de production et un renforcement des contrôles de la répression des fraudes.  

Emmanuel Macron à la rencontre d'agriculteurs ce mardi 

Lors d'un déplacement en Bourgogne ce mardi, le président de la République s'entretiendra avec des acteurs de la filière agricole pour démontrer "son intérêt" à ce secteur en l'absence du salon de l'agriculture, annulé  à cause de la crise du sanitaire, annonce l'Elysée. Emmanuel Macron sera accompagné du ministre de l'Agriculture Julien Denormandie. Plusieurs tables rondes seront organisées avec des agriculteurs. L'une d'elles portera sur la loi Egalim, dite loi "pour l'équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et une alimentation saine et durable.

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