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Agriculture – Pêche

Des chasseurs pour réguler la population de sangliers

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Hérault

Alors qu'elle commence d'habitude début septembre, cette année l'ouverture de la chasse a été avancée au 15 août. Une rentrée anticipée pour les chasseurs chargés de réguler la population de sangliers qui ravage les cultures dans l'Hérault.

Dans l'Hérault, trois battues seront organisées chaque semaine jusqu'en février.
Dans l'Hérault, trois battues seront organisées chaque semaine jusqu'en février. © Maxppp - Philippe RIEDINGER

Hérault, France

En 25 ans, le nombre de sangliers a été multiplié par sept dans l'Hérault. Une augmentation qui est loin de plaire aux agriculteurs qui doivent faire face à la destruction de leurs cultures. Alors que les vendanges commencent, les viticulteurs sont particulièrement touchés, les raisins appâtant les sangliers. Face à cette menace, les chasseurs jouent un véritable rôle de régulation de la population de sangliers et participent ainsi à la protection des cultures. L'an dernier, les différentes battues ont ainsi permis d'en tuer plus de 19.000. 

Les agriculteurs indemnisés par les chasseurs

La Fédération départementale de chasse aide également les agriculteurs à protéger leurs cultures comme l'explique Robert Contreras, le secrétaire général : "Dès qu'il y a des dégâts les agriculteurs nous appellent et on leur fournit régulièrement des clôtures, des piquets et même des électrificateurs. Tout ça à nos frais". Au besoin, les chasseurs viennent ensuite bénévolement aider à l'installation.

Si la Fédération investit autant dans la protection des cultures c'est parce que c'est elle qui paye la facture. Jusqu'en 1969, le "droit d'affût" permettait à chaque propriétaire de protéger son domaine face aux animaux nuisibles. Si le Code rural prévoyait la légitime défense comme cadre, les agriculteurs avait tendance à abuser de ce droit ce qui représentait une gêne et un danger pour les autres habitants. 

En 1969, le "droit d'affût" prend fin et l'article 14 de la loi des finances met en place un système original d'indemnisation des agriculteurs. Dorénavant, ce sont les fédérations de chasses départementales qui sont responsables des fonds d'indemnisation. Seuls les dommages causés par les sangliers et les autres grands gibiers sont concernés. 

Cette année, la facture s'élevait à 300 000 euros pour l'Hérault. Une somme qui peut grimper bien plus haut dans d'autres départements. "L'Hérault est le premier département de France en termes de protection des cultures", se félicite Robert Contreras. Et pour régler la note la recette est simple : faire payer aux chasseurs de grands gibiers, en plus de leur permis, un "timbre sanglier" pour pouvoir chasser. Cette année il s'élève à 30 euros pour les Héraultais, un prix là encore bien plus bas que dans d'autres régions. 

Des chasseurs en mission pour le préfet

Certains chasseurs sont même élevés au rang de "lieutenants louvetiers" par le préfet. La louveterie est créée en l'an 813 par l'Empereur Charlemagne. Les lieutenants étaient alors chargés de protéger la population et ses élevages en chassant les loups. Aujourd'hui, les nuisibles ont changés et les lieutenants louvetiers sont ponctuellement missionnés par le préfet pour éliminer les sangliers. 

"On intervient pour des tirs de nuit, on pose des pièges en zone urbaine ou périurbaine, et ce même en dehors des périodes de chasse", informe Robert Contreras, également président des louvetiers de l'Hérault. Le département en compte actuellement vingt-et-un. "Grâce à notre action on protège les agriculteurs mais également les routes. Moins de sangliers c'est surtout moins de risques de collision pour les automobilistes", conclue Robert Contreras.