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Des Drômois font analyser leurs urines à la recherche de glyphosate

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La campagne glyphosate est lancée dans la Drôme. Un premier prélèvement d'urines s'est déroulé tôt mardi matin au gymnase de la Mariette à Laveyron, prélèvement constaté par huissier. 25 premiers volontaires participent à l'analyse.

Les échantillons d'urine à transmettre au laboratoire d'analyses
Les échantillons d'urine à transmettre au laboratoire d'analyses © Radio France - Nathalie Rodrigues

Est-ce que, nous aussi, nous avons du glyphosate dans le corps ? Une campagne de prélèvements d'urines a débuté mardi dans la Drôme. Vingt-cinq volontaires venus de la Drôme mais aussi d'Ardèche, d'Isère, du Rhône et de la Loire ont donné un échantillon au gymnase de la Mariette à Laveyron. 

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Cette campagne glyphosate a démarré en Ariège en juin dernier, à l'initiative de faucheurs volontaires et elle essaime partout en France. Les contaminés au glyphosate veulent porter plainte. Les prélèvements d'urines sont donc très encadrés.

Un huissier pour assurer qu'il n'y a pas de triche

Des draps ont été tendus dans un coin du gymnase, devant les WC. L'huissier, Me Mariette Maneval, a vérifié qu'ils étaient vides, pas de quoi tricher : "les toilettes ont été vérifiées, les savons ont été enlevés. Il n'y a rien de problématique dans les toilettes." 

Des draps tendus devant les toilettes dans un coin du gymnase pour l'intimité © Radio France - Nathalie Rodrigues

Les participants se mettent en sous-vêtements, récupèrent un tube auprès de l'huissier, puis vont faire pipi. Les échantillons sont ensuite scellés par l'huissier et envoyés à un laboratoire en Allemagne.

Les participants doivent ensuite remplir un questionnaire sur leur mode de vie : dans quel environnement vivent-ils, mangent-ils bio, filtrent-ils l'eau du robinet, cultivent-ils un jardin, etc. Entre les frais d'huissier, les frais de laboratoire, les participants doivent débourser 135 euros chacun pour participer à cette campagne glyphosate.

Le questionnaire "mode de vie" à remplir par les participants © Radio France - Nathalie Rodrigues

Des plaintes déposées

Les volontaires à ce premier prélèvement d'urines s'interrogent tous sur leur environnement. Brigitte, 59 ans, habite Andancette : "on a beaucoup de vergers autour de nous. On a eu une interrogation quand on est arrivé: on ne trouvait pas, on ne voyait pas d'insectes. Puis on a eu une serre, et on a des problèmes de pollinisation.. On se pose des questions quand même sur ce qu'on respire".

"On se pose des questions sur ce que l'on respire" - Brigitte, à Andancette

Si les analyses d'urines reviennent positives au glyphosate, comme cela a toujours été le cas jusqu'à présent, les participants porteront plainte pour mise en danger d'autrui et atteinte à l'environnement. Le Pôle Santé du Tribunal de Grande Instance de Paris est saisi. 

Pour Régine, qui habite aussi près de vergers à Albon, c'est l'intérêt de cette campagne glyphosate : "si ça a un sens, c'est celui là. C'est faire arrêter ça. Moi ça fait plus de 20 ans que je signe des pétitions contre "Monsanto" parce que je sais que c'est préjudiciable à la santé, et on n'arrive à rien. Donc si grâce à cette procédure on peut arriver à quelque chose..."

D'après Olivier Crenn, qui coordonne la campagne dans la Drôme, 200 personnes sont candidates à un prélèvement d'urines pour la campagne glyphosate dans le département. D'autres sessions auront donc lieu. Une est d'ores et déjà prévu le 25 février à Montélimar. 

Les inscriptions ont été reboostées par l'émission d'Envoyé Spécial consacrée au glyphosate et aussi par les propos récents d'Emmanuel Macron. Le chef de l'Etat n'estime "pas faisable" une sortie complète du glyphosate dans les trois ans.

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