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Des élevages de brebis attaqués par des asticots rongeurs

Par Bastien Deceuninck, France Bleu Poitou jeudi 20 octobre 2016 à 6:00

La mouche wohlfahrtia s'attaque aux ovins, mais aussi aux bovins, en particulier dans le Sud-Vienne
La mouche wohlfahrtia s'attaque aux ovins, mais aussi aux bovins, en particulier dans le Sud-Vienne © Radio France - Bastien Deceuninck

Les élevages d'ovins du Sud-Vienne sont attaqués par une mouche carnassière qui pond ses oeufs sur les animaux. Une fois écloses, les larves leur dévorent la chair au niveau des pattes et des parties génitales.

C'est devenu le cauchemar des éleveurs de moutons et de brebis dans le Sud Vienne : leur bétail est infecté par les larves d'une mouche qui rongent littéralement les animaux. La responsable, la wohlfahrtia, est apparue dans la région il y a quatre ans, mais sa présence a explosé cette année, sans doute à cause de l'hiver très doux.

La Wohlfahrtia pond ses oeufs sur les animaux sains, sur les zones où il n'y a pas de laine : sur les parties génitales, entre les cales (les ongles des pattes), et sur les béliers, au niveau des plaies de la tête causée par les affrontements avec les autres mâles.

Les asticots d'un centimètre de long s'accrochent sur les chairs des animaux - Radio France
Les asticots d'un centimètre de long s'accrochent sur les chairs des animaux © Radio France - Bastien Deceuninck

Problème : larves sont très difficiles à repérer, et lorsque quelques jours après, l'animal présente des saignements ou qu'il boîte, il est presque trop tard. Depuis la mi-août, retirer les asticots accrochés au bétail est devenu la principale préoccupation des éleveurs, entraînant des retards dans les autres activités des exploitations.

L'extraction des larves ne peut se faire que manuellement, lorsqu'elles sont détectées - Radio France
L'extraction des larves ne peut se faire que manuellement, lorsqu'elles sont détectées © Radio France - Bastien Deceuninck

Pas de traitement efficace

Ce qui suscite l'incompréhension des éleveurs et des vétérinaires, c'est que notre climat n'est pas celui de prédilection de la wohlfahrtia, habituellement observée en altitude, à partir de 800 mètres. Elle est ainsi bien connue des éleveurs des Pyrénées où elle est apparue il y a une trentaine d'années.

Une situation d'autant plus préoccupante qu'il n'existe aujourd'hui aucun traitement efficace pour lutter contre ce parasite. Les meilleurs produits résistent quelques semaines, tout au plus. Plusieurs éleveurs testent en ce moment différentes méthodes en lien avec l'Alliance Pastorale de Montmorilon. Donner une alimentation enrichie en ail (un insectifuge naturel) aux brebis donnerait des résultats intéressants. Mais les éleveurs attendent surtout le retour du froid pour venir à bout des mouches, avant l'été prochain...

Des asticots rongeurs : reportage dans un élevage de brebis de Joussé dans le Sud Vienne

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