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Agriculture – Pêche

Des éleveurs sarthois dénoncent le faible prix du lait et sensibilisent les clients de grandes surfaces

vendredi 29 juillet 2016 à 15:39 Par François Sauvestre, France Bleu Maine

Des producteurs sarthois de lait ont investi des rayons de plusieurs grandes surfaces du Mans ce vendredi. Ils dénoncent les prix de la tonne de lait imposée par les grands transformateurs industriels. Lactalis est particulièrement visé. Ses produits ont été recouverts d’autocollants.

Les producteurs sarthois de lait ont collé leur message directement sur les produits Lactalis
Les producteurs sarthois de lait ont collé leur message directement sur les produits Lactalis © Radio France - François Sauvestre

Le Mans, France

Le prix des mille litres de lait est actuellement autour de 260 euros. "C'est très insuffisant", pose d'entrée Pascal Clément, l'un des responsables de la  FDSEA en Sarthe et exploitant à Saint-Corneille. Avec une dizaine d'autres agriculteurs du syndicat et des JA, il est venu lancer "un cri au secours" et réclamer une augmentation du prix de la tonne. "Il faut au moins cent euros de plus pour que l'on s'en sorte", poursuit Pascal Clément.

Dans le viseur de ces éleveurs en difficulté, le groupe Lactalis. Pour la FNSEA et ses antennes départementales, le numéro un mondial du lait est en grande partie responsable de cette baisse des prix dans tout le secteur. "La multiplication des produits qui inondent les marchés participent à cette baisse des prix", explique Pascal Clément. Résultat les agriculteurs se sentent "pris à la gorge", témoigne Annabelle. Elle est installée à Yvré le Polin et dit "perdre 120 euros à chaque traite".  Dominique, éleveur lui à Monfort le Génois vit à crédit et n'investit "quasiment plus" depuis que les prix du lait sont aussi faibles.

Boycotter pour faire pression

Tous ces professionnels assurent qu'il est "difficile d'entrer en contact avec Lactalis". Alors ils cherchent à faire pression par d'autres moyens et obliger l'industriel à revoir sa politique des tarifs d'achat du lait collecté puis transformé. Pour Etienne Fourmont, responsable du secteur lait des JA 72, le consommateur à un rôle à jouer dans ce bras de fer. "Si les clients de supermarchés achètent moins de produits Lactalis, c'est une forme de pression", explique t-il. Avec ses confrères agriculteurs, il a donc collé des stickers "ce produit nous ruine", "ce produit crée du chômage" sur les camemberts et autres bouteilles de lait.

Ces autocollants ont été placés par les JA et la FDSEA de la Sarthe sur les produits Lactalis dans des supermarchés du Mans. - Radio France
Ces autocollants ont été placés par les JA et la FDSEA de la Sarthe sur les produits Lactalis dans des supermarchés du Mans. © Radio France - François Sauvestre

Au milieu de cette agitation plutôt inhabituelle dans les rayons frais des supermarchés, les clients soutiennent en majorité l'action de ces agriculteurs. "Ils ont raison de défendre leur bifteck", estime Monique qui même en grande surface assure "acheter plutôt des aliments des petits producteurs". Jean-Pierre lui aussi soutient le mouvement mais concède que c'est "d'abord le prix qui oriente ses achats".

Avec ce faible prix du lait, la situation devient intenable pour la FDSEA de la Sarthe et l'un de ses responsables Pascal Clément

Interrogé par l'Agence France Presse, le porte parole de Lactalis a regretté que son groupe soit "ciblé de manière permanente et exclusive". Michel Nalet qui rappelle aussi que Lactalis emploie plus de 15 000 personnes en France et qu'il y a "une crise de surproduction laitière".