Agriculture – Pêche

Des éleveurs tourangeaux misent sur la filière courte pour échapper à la crise du porc

Par Valentine Schira, France Bleu Touraine samedi 26 septembre 2015 à 17:15

Johanne Pineteau s'occupe de la partie élevage de l'exploitation
Johanne Pineteau s'occupe de la partie élevage de l'exploitation © Radio France - Valentine Schira

Vendre sa viande directement aux consommateurs, c'est un bon moyen pour certains agriculteurs de fixer leurs propres prix et ainsi de tirer leur épingle du jeu en ne dépendant pas des cours du porc. Des cours jugés beaucoup trop bas par les syndicats agricoles.

La vente directe est une alternative minoritaire mais intéressante alors que la crise du porc en France n'en fini plus, surtout après le refus cet été de Bigard et de la Cooperl de payer aux éleveurs le prix demandé par le gouvernement. Cette semaine a d'ailleurs été marquée par la démission du président du Marché du porc breton de Plérin, un marché qui sert de référence dans tout le pays.

La crise du porc inquiète donc de nombreux éleveurs français, mais pas spécialement la famille Pineteau, à Hommes. Car cela fait près de 20 ans que ces agriculteurs se sont lancés dans la vente directe.

Sophie Pineteau est responsable de la vente de la viande - Radio France
Sophie Pineteau est responsable de la vente de la viande © Radio France - Valentine Schira

Johanne et Sophie Pineteau élèvent 320 porc dans cette commune du canton de Langeais, ainsi qu'une cinquantaine de brebis et une cinquantaine de vaches. La viande est ensuite transformée en pièce de boucherie ou en charcuterie puis vendue via le site internet "la ruche qui dit oui" ou dans un magasin à Hommes les samedis. Monter cette filière courte a nécessité un investissement important mais c'est une formule économiquement intéressante, d'après Sophie Pineteau.

"Nous sommes totalement indépendants des marchés. Cela nous permet d'être sûrs de ce que l'on gagne quand on amène les animaux à l’abattoir". Sophie Pineteau

La vente directe représente donc une incertitude de moins, pour ces éleveurs, ainsi que la garantie de ne pas se faire imposer de prix. Ainsi à Plérin le porc s’achète actuellement moins d'1,40 euro le kilo, tandis qu'avec ce circuit court le kilo de porc rapporte à la famille Pineteau plus de 4 euros. Une somme qu'il faut toutefois nuancer par les importantes charges de fonctionnement de cette exploitation tourangelle, qui emploie trois salariés et a des frais plus élevées que les élevages qui ne s'occupent ni de la transformation ni de la vente de la viande.

Tous les samedis ce hangar de Hommes est transformé en boucherie - Radio France
Tous les samedis ce hangar de Hommes est transformé en boucherie © Radio France - Valentine Schira

Le concept de la vente directe semble plaire aux consommateurs. A Hommes ce samedi matin la boutique était très remplie. Catherine, une cliente, explique privilégier ce circuit court pour être sûre de la qualité de qu'elle mange : "On voit les bêtes dans les champs à côté de chez nous et c'est rassurant de savoir d'où vient la viande". Nathalie, une autre habituée met elle en avant le prix des produits, "pas plus chers qu'en grande surface".