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Agriculture – Pêche

Des insectes 100% franc-comtois bientôt dans vos assiettes ?

jeudi 24 août 2017 à 20:15 Par Olivia Chandioux, France Bleu Besançon et France Bleu

Les gourmands s'en lèchent déjà les babines. Depuis lundi, nos voisins suisses et les frontaliers franc-comtois peuvent acheter des burgers et des boulettes à base de vers de farine. Et ce sont justement les insectes que produit Luc Herrmann, il est installé à Rioz en Haute-Saône. Rencontre.

Luc Herrman produit quatre kilos de vers de farine chaque semaine.
Luc Herrman produit quatre kilos de vers de farine chaque semaine. © Radio France - Olivia Chandioux

Rioz, France

Depuis lundi, en Suisse il est possible d'acheter des burgers et des boulettes à base de vers de farine. Et des vers à farine justement Luc Hermann en produit. L'agriculteur de 37 est installé à Rioz en Haute-Saône depuis un an et demi. Pour le moment il les vend au zoo de la Citadelle de Besançon pour nourrir les oiseaux et les singes capucins.

Je les mange entiers, grillés pour l'apéritif, ça a la consistance des chips à la cacahuète." Luc Herrmann, éleveur de vers de farine

Des vers de farine à trois stades d'évolution, de gauche à droite : les adultes, les nymphes et les larves. - Radio France
Des vers de farine à trois stades d'évolution, de gauche à droite : les adultes, les nymphes et les larves. © Radio France - Olivia Chandioux

Son rêve : que la vente d'insecte soit autorisée en France comme en Suisse pour notre alimentation. D'ailleurs l'éleveur en consomme déjà depuis des années : "Je les mange entiers, grillés pour l'apéritif, ça a la consistance des chips à la cacahuète. On peut aussi les réduire en poudre pour faire des tartes et des sablés." Le goût des insectes n'est certes pas époustouflant, mais Luc Herrmann en mange surtout pour leurs qualités nutritives : "Les vers de farine sont très riches en protéines, pauvres en matières grasses." Autre avantage, l'aspect écologique : "L'élevage d'insectes valorise beaucoup mieux la matière première. Avec deux kilogrammes de matière première, je produis un kilo d'insectes, alors que pour l'équivalent en viande bovine, il en faut neuf kilos."

L'objectif de Luc Herrmann : produire sept tonnes de vers de farine d'ici l'année prochaine

Pour élever ses vers de farine, Luc Hermann utilise deux gros conteneurs maritimes. A l'intérieur, il fait chaud et humide. C'est ce qu'il faut pour que les larves, bien installées dans des boîtes, se développent correctement. Aujourd'hui il en produit quatre kilos par semaine, mais l'objectif est de passer à sept tonnes par an. Sa production, il la vend exclusivement au zoo de la Citadelle. Ils servent à nourrir les singes capucins et les oiseaux. Mais avant de finir en quatre heure, les vers de farine sont bichonnés. Luc Hermann les nourrit avec des légumes bios qu'il récupère chez des maraîchers : "En échange je leur donne les déjections des vers de farine, c'est un excellent fertilisant."

Les déjections des vers de farine servent à faire de l'engrais. - Radio France
Les déjections des vers de farine servent à faire de l'engrais. © Radio France - Olivia Chandioux

La vente des insectes est très encadrée en France. Pour le moment les insectes produits dans l'Hexagone ne peuvent être vendus pour la consommation des Français. Quelques magasins ou restaurants proposent pourtant des produits à base d'insectes... fabriqués en Asie ou encore en Belgique. Ce qui coince, c'est qu'aujourd'hui on ne connaît pas très bien les risques liés à la consommation d'insectes, comme les allergies. Les insectes appartiennent en effet à la même famille que les crustacés et possèdent une molécule allergène en commun : la chitine. Des études sont actuellement menées aux Pays-Bas et au Luxembourg. Les acteurs de la filière insecte espère une autorisation sur le marché français à partir de 2020.