Agriculture – Pêche

Des vendanges sous le signe de la solidarité dans les côtes de Toul

Par Isabelle Baudriller, France Bleu Sud Lorraine lundi 11 septembre 2017 à 19:02

Thomas Colson a perdu les trois quarts de son raisin après l'épisode de grêle du printemps dernier
Thomas Colson a perdu les trois quarts de son raisin après l'épisode de grêle du printemps dernier © Radio France - Isabelle Baudriller

Les vendanges vont démarrer d'ici la fin de la semaine dans le Toulois. Les viticulteurs qui ont subi des pertes très importantes après un orage de grêle fin mai à Lucey peuvent compter sur une opération de solidarité de leurs collègues. Exemple au Domaine de l'Ambroisie.

Avec son associé Rémy Welter, il produit en moyenne 40 à 50.000 bouteilles par an. Mais après le violent épisode de grêle du 27 mai dernier qui a détruit les trois quarts des parcelles du Domaine de l'Ambroisie, Thomas Colson ne peut plus tabler que sur 15.000 bouteilles cette année. Nettement insuffisant selon le jeune viticulteur. "Pour nous, ce n'est pas viable. L'engouement des Lorrains pour le Côte de Toul fait qu'on plante énormément de vignes. Nous sommes l'une des régions les plus dynamiques de France en terme de croissance de surfaces. Ca nécessite de gros investissements. Nous avons agrandi la cave il y a trois ans, on a investi beaucoup d'argent dans ces travaux."

A un moment, si nous n'avons pas la production en conséquence, la possibilité de rembourser les emprunts auprès des banques devient très compliquée"

Les viticulteurs, victimes de la grêle, vont tout de même pouvoir maintenir un certain niveau de production de bouteilles. Comment ? Leurs collègues les moins touchés vont leur permettre de se fournir en raisins de l'aire d'appellation "Côtes de Toul" auprès de leurs "apporteurs", des propriétaires de vignes qui récoltent mais ne vinifient pas. "Ca va nous permettre d'assurer une production suffisante pour assurer la pérennité de l'exploitation", souligne Thomas Colson.

Un surcoût de 30 à 40.000€

"Tout le monde a joué le jeu, dans la mesure de ses possibilités", poursuit Thomas Colson. "J'en profite pour dire un grand merci !" Le raisin des "apporteurs" reste toutefois acheté au prix du marché. Tout à fait normal selon le viticulteur. Lui et son associé devront débourser 30 à 40.000€ de plus que s'ils avaient produit uniquement avec leur propre vendange.