Agriculture – Pêche

Des vendangeurs étrangers de plus en plus nombreux en Touraine

Par Emma Sarango, France Bleu Touraine mercredi 23 septembre 2015 à 20:46

Ilmikar, un bulgare de 49 ans, trie le raisin dans une exploitation tourangelle
Ilmikar, un bulgare de 49 ans, trie le raisin dans une exploitation tourangelle

Depuis la fin des années 2 000, un nombre croissant de viticulteurs tourangeaux font appel à de la main d'oeuvre étrangère au moment des vendanges pour pallier le manque de saisonniers locaux.

C'est le moment chaud de l'année pour les vignerons tourangeaux : les vendanges. Dans le secteur de Montlouis-sur-Loire, elles ont commencé autour du 15 septembre pour trois semaines. Pour ses 10 hectares de vignes, Bertrand Jousset emploie chaque automne une trentaine de saisonniers et depuis plusieurs années, certains sont étrangers. "Ils répondent, comme les Français à une annonce que je dépose chez Pôle emploi" explique le viticulteur. "Je les reçois, comme les autres, en entretien et si ça marche, c'est parti"'

Recrutés via Pôle Emploi

C'est le moment chaud de l'année pour les vignerons tourangeaux : les vendanges. Dans le secteur de Montlouis-sur-Loire, elles ont commencé autour du 15 septembre pour trois semaines. Pour ses 10 hectares de vignes, Bertrand Jousset emploie chaque automne une trentaine de saisonniers et depuis plusieurs années, certains sont étrangers. "Ils répondent, comme les Français à une annonce que je dépose chez Pôle Emploi" explique le viticulteur. "Je les reçois, comme les autres, en entretien et si ça marche, c'est parti"'.

Chez moi en Bulgarie, on ne vit pas avec le salaire minimum

Cette année, ils sont quatre : deux bulgares et deux espagnols. Parmi eux, Ilmikar, un bulgare 49 ans. "J'adore travailler dans ce cadre, la nature française. C'est ma passion la vigne" dit-il avec fierté. Lui est venu pour la première fois en  France pour faire les vendanges en 2009 et depuis il passe six mois par an dans plusieurs exploitations tourangelle. "Le Smic français est convenable, on peut vivre avec. Chez moi, en Bulgarie, c'est impossible" regrette-t-il.

Maria, une espagnole, ne trouve pas de travail, même saisonnier chez elle - Aucun(e)
Maria, une espagnole, ne trouve pas de travail, même saisonnier chez elle

En face de lui, Maria, une espagnole de 25 ans, fait ses premières vendanges. "C'est dur les trois premiers jours mais après on s'habitue", sourit la jeune madrilène. Elle a fait des études d'hôtellerie mais elle n'a pas trouvé de travail ni dans son secteur ni dans un autre. "Chez moi c'est plus difficile qu'en France, même si l'on va à l'université on n'a pas toujours un bon travail après. Alors je prends ce que je peux".

Les vignerons n'arrivent pas à trouver des saisonniers fiables ici

Et puisque la demande est là, en Touraine, il y a même un représentant d'une agence d'intérim bulgare. Chaque année depuis 2007, il fait venir une centaine de ces étrangers dans une trentaine d'exploitations. "Il y a une demande", explique Guillaume Lavau, relai en Touraine de cette agence. "Les vignerons ont dû mal à trouver une équipe fiable, qui arrive à l'heure et ne lâche pas dès qu'il pleut". Le trajet, le logement, la nourriture est en grande partie à leur charge. Mais ils sont payés le Smic français. "On pâtit d'une contre-publicité ici", regrette-t-il . "Mais je peux garantir qu'ils sont bien payés, il y a d'ailleurs des contrôles toutes les semaines".D'ailleurs, les vignerons payent un peu plus cher les saisonniers en passant par cette agence : entre 15 et 16 euros de l'heure contre une douzaine sans intermédiaire.