Agriculture – Pêche

Des viticulteurs tourangeaux, touchés par le gel, obligés d'acheter du raisin dans le sud de la France

Par Yohan Nicolas, France Bleu Touraine et France Bleu jeudi 22 septembre 2016 à 12:04 Mis à jour le jeudi 22 septembre 2016 à 12:09

Seule solution pour éviter des problèmes de trésorerie, acheter du raisin dans le sud de la France.
Seule solution pour éviter des problèmes de trésorerie, acheter du raisin dans le sud de la France. © Maxppp - FABIEN COTTEREAU

Des viticulteurs tourangeaux qui ont tout perdu à cause du gel de printemps vont quand même produire du vin. Ils ont acheté des raisins dans le sud, pour vendre sous l’appellation "Vin de France" afin d'éviter une année blanche, et des pertes de trésorerie.

Les vendanges se font attendre en Indre-et-Loire, alors que dans le sud par exemple, elles sont quasiment finies.

En Touraine, avec le gel nocturne du printemps dernier, des parcelles ont été détruites à 70, 80 voire 100 %. Des viticulteurs ont tout perdu. Et pourtant, dans quelques mois, ces viticulteurs vont quand même proposer des bouteilles à la vente. Ils sont allés chercher du vin dans le sud de la France. Objectif : éviter une année blanche et le risque, pour ceux qui n'ont pas de stock, de connaître des difficultés de trésorerie, voire de mettre la clé sous la porte. Ces vins seront proposés sous l’appellation "Vins de France".

Trois copains de Chinon et Montlouis, ont pris la direction de Gaillac juste après le gel du mois d'avril

Ils sont 3 copains vignerons, un sur l’appellation Chinon, les 2 autres sur Montlouis. Ensemble, ils sont allés dans le sud de la France, dans le Roussillon, à Gaillac, à Limoux et cela moins de 15 jours après le coup de gel du mois d'avril pour trouver des solutions et tenter d'obtenir du raisin.

Il faut descendre dans le sud, remonter. Surveiller les raisins. Pendant ce ce temps-là, on n'est pas dans nos exploitations. C'est une vendange qui coûte forcément plus qu'une vendange à la maison - Nicolas Grosbois, viticulteur à Panzoult.

Alors, bien sûr, les vins commercialisés en 2017 n'auront rien à voir avec les vins habituels. Sur l'étiquette, ne seront pas mentionnées les appellations Chinon ou Montlouis mais "vin de France".

On ne va pas leur vendre du rêve. On va leur expliquer le pourquoi du comment. Je pense que ça va bien réagir à Paris et à l'export, mais les consommateurs français vont faire la tronche comme en 2013 - Bertrand Jousset, viticulteur à Montlouis.

Une année blanche aurait été inenvisageable pour ces vignerons. A moins de vendre une partie de leur patrimoine, leurs vignes par exemple, et çà pas question.

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