Agriculture – Pêche

Deux producteurs critiquent Lactalis, le groupe laitier va les mettre à la porte

Par Germain Treille et Fabien Burgaud, France Bleu Loire Océan, France Bleu Mayenne et France Bleu vendredi 27 janvier 2017 à 17:51 Mis à jour le vendredi 27 janvier 2017 à 20:56

le siège de lactalis à Laval lors d'une manif en aoüt 2016
le siège de lactalis à Laval lors d'une manif en aoüt 2016 © Radio France

Une lettre de fin de collaboration a été envoyée à deux agriculteurs, a-t-on appris ce vendredi. Ils avaient attaqué, à la télévision, la politique tarifaire de l'industriel mayennais.

Voilà qui ne va sans doute pas arranger les relations entre les producteurs laitiers et Lactalis. On apprend, ce vendredi 27 janvier, qu'une lettre a été envoyée, il y a quelques jours, à deux paysans, installés dans le Maine-et-Loire et en Loire-Atlantique, pour leur signifier la fin de leur collaboration avec le leader mondial du lait. France Bleu Mayenne s'est procuré le document que vous pouvez voir ci-dessous.

La lettre de "rupture" envoyée par Lactalis - Radio France
La lettre de "rupture" envoyée par Lactalis © Radio France

En octobre dernier, dans un documentaire diffusé sur France 2, "Sérieusement ? Lactalis : le beurre et l'argent du beurre ?", les agriculteurs s'en étaient pris aux méthodes et aux prix pratiqués par l'industriel mayennais. Lactalis leur laisse douze mois pour trouver un autre fournisseur. Michel Nalet, le chargé de communication du groupe, évoque une décision logique : "ce n'est pas radical. On ne peut dénigrer le groupe et travailler avec lui. Tous les collaborateurs en France se sont émus de ces déclarations qui dénigrent aussi leur travail. Chacun assume ses responsabilités".

Le ministère de l'Agriculture condamne la décision de Lactalis

Philippe Jehan, le responsable de la FDSEA en Mayenne, porte-parole de la contestation de l'été dernier, est en colère : "c'est une erreur et c'est du mépris envers ces producteurs. C'est le jusqu'au-boutisme de la froideur d'une entreprise dite familiale". Pour le syndicat agricole, Lactalis veut aborder la dernière ligne droite des négociations sur le prix de la tonne de lait en position de force. Les tractations sont en cours et doivent se terminer fin février.

Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, a réagi par communiqué ce vendredi soir à la décision du groupe Lactalis. Une décision qu'il condamne, parce qu'elle "représente un nouveau risque de dissension entre éleveurs et industriels, au moment même où la cohésion est nécessaire pour permettre la compétitivité de la filière dans son ensemble". Selon le ministre, "les industriels ne peuvent se considérer comme les employeurs des éleveurs", et les producteurs "supportent seuls l’ensemble des décisions et des aléas économiques inhérents à leur profession." Stéphane Le Foll invite Lactalis et les éleveurs concernés à faire appel au médiateur des relations commerciales agricoles "pour trouver une solution amiable au litige qui les oppose."