Agriculture – Pêche

Deux-Sèvres : le cap des 400 fermes bio atteint

Par Noémie Guillotin, France Bleu Poitou dimanche 17 septembre 2017 à 6:00

Christophe Bellin, maraîcher bio à Secondigny, et ses concombres apéro
Christophe Bellin, maraîcher bio à Secondigny, et ses concombres apéro © Radio France - Noémie Guillotin

Le bio progresse dans les Deux-Sèvres. On compte désormais 400 exploitations labellisées bio dans le département. C'est deux fois plus qu'il y a 10 ans.

"Comme au niveau national, la croissance du bio progresse", se félicite Pascal Bonnet, président d'Agrobio dans les Deux-Sèvres. 400 fermes sont labellisées. C'est le double d'il y a 10 ans. L'association des producteurs bio note une hausse de 14% rien qu'entre janvier 2017 et juillet 2017.

Le 400e s'appelle Christophe Bellin. Il est installé depuis le mois d'avril à Secondigny, à la ferme de La Barlière. Ce quadragénaire a choisi d'arrêter son métier d'éducateur spécialisé pour se lancer dans le maraîchage avec l'idée "de pouvoir relocaliser son emploi. Plutôt que de passer 1/2h aller, 1/2h retour pour aller à son travail, imaginer travailler sur place". Il y a aussi la volonté de "faire exister un territoire par une activité économique et être en lien tous les jours avec la nature".

"Aujourd'hui, les consommateurs ont besoin de savoir ce qui se passe sur nos fermes"

Mais surtout, Christophe Bellin a fait le choix du bio. "Aujourd'hui, l'attente des consommateurs pour retrouver un lien de confiance avec son agriculteur c'est d'avoir un cahier des charges suffisamment réconfortant, pour être sûr que l'on nous abuse pas dans ce qu'on nous vend". Et le maraîcher de citer plusieurs scandales comme celui des oeufs contaminés au fipronil.

Se lancer n'a pas été facile. "Monter une entreprise c'est compliqué. Une entreprise agricole c'est très encadré", fait remarquer Christophe Bellin. Par exemple, "il faut savoir si on peut utiliser de l'eau pour irriguer, si on est en zone Natura 2000 savoir si on peut retourner la terre". Et puis trouver les budgets. Le maraîcher a réunit 25 000 euros notamment grâce aux CIGALES (club d'investisseurs pour une gestion alternative et locale de l'épargne solidaire). Et pour l'instant, "je ne vends pas à perte", se réjouit-il.

Christophe Bellin cultive 35 légumes différents et travaille en vente directe. Sous forme de paniers ou aux marchés de Secondigny le vendredi soir et de Niort le samedi matin. Et il a des projets comme avoir un verger bio avec des variétés locales. L'ancien éducateur espère aussi pouvoir accueillir des groupes sur un jardin pédagogique. Pour éduquer les gens, cette fois au bien manger.