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CARTE - Canicule : 78 départements désormais en vigilance orange
Agriculture – Pêche

Dordogne : "Ici, tous les paysans crèvent et personne ne dit rien", Jean Pierre, un éleveur écoeuré

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Par France Bleu Périgord

Un quart des agriculteurs vit sous le seuil de pauvreté selon une enquête de l'INSEE sur le niveau de vie des Français en 2015 c'est à dire qu'ils vivent avec moins de 1 015 € par mois. A Agonac, Jean-Pierre Ferrec gagne à peine 400 euros par mois. Cet éleveur vend tout.

Jean-Pierre Ferrec dans sa salle de traite qui sera bientôt vendue.
Jean-Pierre Ferrec dans sa salle de traite qui sera bientôt vendue. © Radio France - Caroline Pomès

Agonac, France

"En trois mois plus rien, c'est décidé, ça fait mal mais je suis écœuré." Avec 400 euros par mois depuis 4 ans, Jean-Pierre Ferrec, n'en peut plus. A 62 ans et un an de la retraite, cet éleveur de vaches laitières vend ses bêtes. Ce lundi, il ne lui en reste plus que trois sur une cinquantaine. "Il y a une page qui se tourne pour tout, voilà, à mon tour", souffle Jean-Pierre, cigarillo à la bouche, en regardant sa stabulation vide.

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Comme près d'un demi-million d'agriculteurs, artisans et commerçants français, il vit sous le seuil de pauvreté. Selon une étude de l'INSEE sur le niveau de vie des Français en 2015, 25% des paysans vivent en dessous du seuil de pauvreté. Ils gagnent moins de 1000 euros par mois. A Agonac et Château-l’Évêque, ils étaient une soixantaine dans les années 60-70, aujourd'hui il ne reste plus qu'une petite dizaine. "Tous les paysans crèvent et personne ne dit rien !"

"Le moral, il faut que ça aille. Je dois être là pour mes bêtes parce qu'elles ont rien demandé mais sinon, il reste le fusil. Et oui." - Jean-Pierre

"Je vis avec moins de 400 euros, je fais les fonds de tiroirs" - Jean-Pierre, agriculteur périgourdin

Faire les fonds de tiroir

Jean-Pierre refuse que son fils reprenne sa ferme. "C'est du suicide. J'ai trop d'impôts, de charges, je dois cette année 11 000 euros à la Mutualité sociale agricole. C'est de l'argent que je n'ai pas." Ce futur retraité fait donc des économies de bouts de chandelle et vend quelques arbres, de la ferraille et des tracteurs. Reprendre des bêtes à sa retraite ? Non, c'est terminé. Combien il touchera à sa retraite ? Il ne veut même pas savoir.