Agriculture – Pêche

Dordogne : la sécheresse asphyxie les cultures et inquiète les agriculteurs

Par Benjamin Fontaine, France Bleu Périgord mercredi 24 août 2016 à 19:40

Dans les champs, le maïs non irrigué n'a pas réussi à monter.
Dans les champs, le maïs non irrigué n'a pas réussi à monter. © Radio France - Benjamin Fontaine

La Dordogne manque de pluie. La sécheresse gagne du terrain et les cultures de maïs, de blé et de tournesols non irriguées souffrent du manque d'eau. L'inquiétude grandit chez les agriculteurs du département.

Un nouveau record a été battu en Dordogne. Cet été 2016 est le plus sec jamais connu dans le département depuis 1989. Un record qui ne fait pas la joie des agriculteurs du département. La préfecture a pris des restrictions pour limiter le pompage dans les petites rivières. Un peu partout en Périgord, les cultures souffrent du manque d'eau.

Les plants de maïs n'ont pas poussé

A Sorges, au nord de Périgueux, comme tous les matins Jean-Paul Chaminade fait le tour de ses champs. Devant l'une de ses parcelles de maïs non irrigué il ne peut que constater les dégâts de la sécheresse. "Les plants font 1m30 alors qu'ils devraient faire trois mètres de haut et les feuilles sont jaunes et sèches dès la base. Il n'y a même pas d'épi sur la plupart des plants," déplore l'agriculteur de 58 ans. Cette situation est la même sur les 50 hectares de maïs qui sont censés nourrir sa soixantaine de vaches laitières.

De nouveaux problèmes de trésorerie cet hiver

Sans grains, sans épis, le maïs a perdu de sa valeur nutritive, Jean-Paul va devoir investir. "Il va falloir acheter de la nourriture supplémentaire pour nourrir les bêtes. Peu de rendement, des cours en baisse et un prix du lait qui diminue aussi, ça veut dire que certains vont avoir de très gros problèmes de trésorerie," explique Jean-Paul. A quelques kilomètres de là, l'agriculteur se rend sur une parcelle irriguée. Le constat n'est plus le même. "On a de beaux pieds, à la bonne taille, avec des épis qui sont normaux mais celui-ci il est arrosé une fois tous les dix jours."

Jean-Paul Chaminade ne peut pas se permettre d’irriguer ses 240 hectares de céréales, cela coûte trop cher et fait baisser le prix de revient. La seule solution qu'il a trouvé pour le moment c'est de diversifier sa production en plantant du tournesol, moins gourmand en eau et donc plus rentable.

Reportage dans les champs de maïs de Jean-Paul Chaminade.

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