Agriculture – Pêche

Drôme et Ardèche : colère des producteurs de tomates et pêches après le zéro pointé de la CLCV

Par David Meilhac, France Bleu Drôme-Ardèche et France Bleu jeudi 18 août 2016 à 18:58

Benjamin Merland produit plus de 1000 tonnes de tomates à Saint Fortunat sur Eyrieux en Ardèche.
Benjamin Merland produit plus de 1000 tonnes de tomates à Saint Fortunat sur Eyrieux en Ardèche. © Radio France - David Meilhac

Tomates insipides, pêches blanches sans goût et trop fermes... Le verdict de l'association CLCV est sans appel. De quoi agacer les producteurs de Drôme et d'Ardèche, qui défendent leurs produits, et leurs méthodes de production.

Devant ses tomates, Benjamin Merland est beau joueur. Le producteur de Saint Fortunat sur Eyrieux en Ardèche n'a rien contre l'enquête de la CLCV (Consommation, Logement, Cadre de Vie), il assure même qu'il est important d'avoir un retour sur leurs produits. Mais il relativise la méthode utilisée.

Est-ce que les tomates goûtées ont suivi un bon parcours, de la production jusqu'à l'assiette?

Dans les serres de Benjamin Merland, les plants de tomate rougissent hors-sol. - Radio France
Dans les serres de Benjamin Merland, les plants de tomate rougissent hors-sol. © Radio France - David Meilhac

Il faut dire que les conclusions de l'enquête annuelle menée par l'association de consommateurs est dure vis-à-vis des tomates de grandes surfaces : sur un panel de 850 consommateurs, seuls 32% déclarent aimer les produits testés. Et seuls 20% jugent le goût agréable ou très bon, contre 40% qui le trouvent insipide.

Les producteurs de Drôme et d'Ardèche vivent mal la mauvaise note adressée par la CLCV aux pêches blanches et tomates.

Des pêches espagnoles préférées aux pêches françaises

Coup dur aussi pour les pêches blanches, épinglées par l'enquête. 51% de satisfaction seulement, 28% qui les qualifient de "ni bonnes ni mauvaises". Pas de quoi sauter au plafond pour Bruno Darnaud. Le président de l'AOP "pêche et abricot de France" regrette de n'être pas associé à l'enquête.

Il y a trois ans, nous avons essayé de nous rapprocher de la CLCV. Nous avions eu une fin de non-recevoir.

Parfois, les tests à l'aveugle révèlent des pêches espagnoles meilleures que les pêches françaises. Comme pour les tomates, les produits vendus plus chers ne sont pas forcément synonymes de meilleur goût.

Pédagogie chez les clients et les patrons de grandes surfaces

Les producteurs de Drôme et d'Ardèche préviennent : certaines grandes enseignes de distribution gèrent mal la chaine du froid. Les tomates ne doivent pas être stockées en-dessous de douze degrés. Elles doivent être mises en rayon dès le lendemain de leur cueillette, et ne pas être trop manipulées au risque d'altérer leur goût et leur apparence. Les pêches, elles aussi, craignent les trop grands chocs thermiques. Mais le président de l'AOP "pêche et abricot de France" l'assure : 2016 est une bonne année, les pêches sont plus sucrées qu'en 2015, et le retour des clients est bon. Reste à faire le tri entre les bons produits, et les moins bons. Et entre grandes surfaces, magasins de producteurs, vente directe voire ramassage par soi-même dans les exploitations, la Drôme et l'Ardèche restent des modèles de diversité d'approvisionnement.