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Drôme : la justice somme deux canons anti-grêle de se taire

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Par , France Bleu Drôme Ardèche, France Bleu

Le juge des référés du tribunal judiciaire de Valence (Drôme) ordonne la cessation d'activités de deux des onze canons anti-grêle installés par un groupement d'agriculteurs à Mercurol-Veaunes. Des riverains sont excédés par le bruit.

Au centre, en blanc, l'un des deux canons anti-grêle de Mercurol-Veaunes (Drôme) dont l'activité doit cesser après une décision de justice
Au centre, en blanc, l'un des deux canons anti-grêle de Mercurol-Veaunes (Drôme) dont l'activité doit cesser après une décision de justice © Radio France - Nathalie Rodrigues

En 2017, un groupement d'agriculteurs a installé 11 canons anti-grêle pour protéger leurs vergers des aléas climatiques. Ils tirent toutes les 7 secondes, pendant plusieurs minutes, quand le ciel est menaçant. Des détonations insupportables pour des riverains. Trois d'entre eux et leur association Sense ont saisi la justice et ont donc obtenu gain de cause pour les deux canons les plus proches de chez eux. 

L'expertise judiciaire est formelle : les bruits émis par ces deux canons, le niveau mesuré jusqu'à l'intérieur des maisons voisines, dépassent les seuils fixés par le code de santé publique. Guy Séauve habite à 180 mètres d'un des canons condamnés à se taire : "c'est un sentiment de soulagement. Nous ne sommes pas des néo-ruraux qui se plaignent du chant du coq ou du bruit des cloches de l'église. Nous sommes là depuis une trentaine d'années pour la plupart. Ces canons nous ont été imposés, en 2017, sans concertation, sans discussion, par le Groupement d'Intérêt Economique, et cela a été un traumatisme."

Des problèmes de santé et des maisons qui perdent de leur valeur

Les agriculteurs ont bien mis des silencieux sur les canons. Mais ils n'amoindrissent pas suffisamment le bruit. L'expertise judiciaire a été réalisée après leur pose. Jean-Luc Astier, président de l'association plaignante, a vendu sa maison où il vivait depuis 22 ans, déménagé en Ardèche, parce qu'il n'en pouvait plus : "si partir, c'est mourir un peu, je crois que si j'étais resté, l'échéance aurait été beaucoup plus rapide. Je ne pensais qu'à une chose : ne pas me réveiller le matin. Chaque fois qu'il y avait un coup de canon, j'avais un impact dans l'estomac, ça me donnait envie de vomir, et je mettais boules Quiès et casque anti-bruit. J'ai vendu ma maison, j'ai indiqué les canons à grêle dans le compromis. Un expert m'a dit que j'avais perdu de l'argent, la maison a perdu 10% de sa valeur."

Jacky Carlin, son ancien voisin, décrit aussi des problèmes de santé : "j'ai été malade, j'ai été voir un cardiologue, j'avais de gros problèmes, j'avais des oppressions, j'étais très mal. Il y a un mois, quand le canon a pété pendant deux heures dix, toutes les sept secondes, ma femme a pété les plombs." L'avocate qui a fait taire les deux canons, Elise Mamalet, va entamer une autre action en justice à la rentrée pour que ses clients soient indemnisés pour ces préjudices sur la santé et pour la perte de valeur des maisons.

Et les neuf autres canons de Mercurol-Veaunes ?

Les neuf autres canons anti-grêle présents sur Mercurol-Veaunes peuvent toujours fonctionner. Mais leurs riverains gênés ont désormais espoir qu'ils se taisent aussi et Philippe Barray espère ne pas avoir à aller lui aussi en justice pour les arrêter : "ce qui serait bien, c'est que les agriculteurs prennent la décision eux-mêmes. Après, si on doit aller en justice, désolés, nous irons en justice."

Nous avons contacté le président du Groupement d'Intérêt Economique, le groupement d'agriculteurs, qui a fait installer et utilise les canons anti-grêle. Il n'a pas souhaité pour l'instant s'exprimer sur cette décision de justice. Le GIE peut faire appel, mais l'appel n'est pas suspensif. 

Il y a par ailleurs des doutes sur l'efficacité de ces canons. Le 15 juin 2019, l'orage de grêle a quand même frappé les parcelles censées être protégées. Dans un rapport sur les dispositifs de protection contre les aléas climatiques rendu au Ministère de l'Agriculture en mai 2020, il est rappelé que "d’après plusieurs rapports (2007, 2010) de l’Organisation météorologique mondiale, l’utilisation de canons anti-grêle "n’a pas de fondement scientifique et ne fait pas l’objet d’hypothèse physiques crédibles"."

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