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Agriculture – Pêche

Mercosur : "On ne peut pas laisser entrer de la merde dans notre pays" expliquent les agriculteurs en Mayenne

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Par , France Bleu Mayenne

Une cinquantaine d'agriculteurs ont manifesté jeudi soir devant la préfecture de la Mayenne à Laval contre les accords commerciaux passés entre l'Union Européenne et les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay) mais aussi contre le CETA (Canada).

Les agriculteurs mayennais manifestent contre le Mercosur et le Ceta à Laval le 3 juillet 2019
Les agriculteurs mayennais manifestent contre le Mercosur et le Ceta à Laval le 3 juillet 2019 © Radio France - Martin Cotta

Département Mayenne, France

Des agriculteurs mayennais se sont mobilisés contre le Mercosur et le CETA ce jeudi soir à Laval.  Une cinquantaine d'entre eux ont manifesté contre ces deux accords commerciaux. Celui passé avec le Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay) menacerait par exemple des filières agricoles française. Officiellement ce texte prévoit l'importation de près de 100.000 tonnes de viande bovine produites dans des conditions sanitaires douteuses. Et même si les Français sont de plus en plus vigilants à ce qu'ils ont dans leur assiette, le risque de consommer des produits dangereux est bien là explique Jérôme Landais, président du syndicat de la FDSEA 53.

"Il y a des consommateurs pour qui c'est compliqué financièrement et qui achèteront la viande la moins chère"

Certains agriculteurs dans les rangs de la manifestation se disent même prêts à barrer l'entrée de leurs exploitations aux contrôleurs sanitaires si les traités du Mercosur et du CETA étaient ratifiés par la France. Après tout pourquoi se mettre en règle alors qu'on autorise sur le marché national des viandes étrangères produites dans des conditions douteuses ? "Il faut que l'on soit mobilisé dès le début. On va être mis en concurrence avec des produits qui ne respectent pas du tout les mêmes normes sociales et environnementales" résume Jérôme, éleveur de Torcé-Viviers-en-Chargnie.

D'après un document officiel publié par la Commission européenne, l'accord avec le Mercosur prévoit l'importation de 99.000 tonnes d'équivalent-carcasse (55% de viande fraiche et 45% de viande surgelée) depuis les quatre pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay) avec un droit de douane à 7,5%. Le texte prévoit aussi de supprimer tous les droits de douane, actuellement à 20%, sur les quelque 60.000 tonnes de viandes importées du Mercosur sous un quota dit "Hilton", qui s'applique aux viandes de qualité issues d'élevage extensifs herbagers. 

C'est un contre sens pour Jérôme Landais président du syndicat de la FDSEA 53, alors que la France sort tout juste des États Généraux de l'alimentation. "On nous a demandé de travailler sur les filières. Notre cher Président de la République nous a demandé de monter en gamme. Déjà si tous les pays travaillaient comme nous..." souffle cet exploitant. 

Des élus mayennais à l'unisson

Les deux traités de libre-échange que sont le CETA et celui du Mercosur sont également loin de faire l'unanimité dans les rangs politiques mayennais. Le député Guillaume Garot (PS) est intervenu mardi à l'Assemblée nationale lors des questions au gouvernement. Le parlementaire a expliqué ne pas comprendre le soutien d'Emmanuel Macron à l'accord avec le Mercosur. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'État chargé des affaires étrangères lui a répondu que c'est sous le quinquennat de François Hollande (auquel Guillaume Garot a été ministre) que tout s'est accéléré pour trouver un compromis entre l'Europe et les pays d'Amérique latine. Dans un communiqué, ce mercredi soir, le président du conseil départemental Olivier Richefou (présent aussi à la manifestation des agriculteurs à Laval jeudi soir) a fait part de son inquiétude concernant ces accords et de la menace qu'ils représenteraient pour l'agriculture mayennaise. "Cette concurrence déloyale va, de fait, profondément impacter l’agriculture mayennaise, et mettre en difficulté de très nombreux agriculteurs et éleveurs déjà éprouvés par de nombreuses crises successives. La menace est tout aussi réelle sur la filière agroalimentaire" écrit-il.