Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

Élevage en Côte-d'or : l'abattoir mobile d'Emilie Jeannin va voir le jour

-
Par , France Bleu Bourgogne

D'ici quelques mois, si tout va bien, un abattoir mobile sillonnera la Bourgogne-Franche-Comté de ferme en ferme. Imaginé depuis quatre ans par l'éleveuse côte-d'orienne, Émilie Jeannin, il devrait voir le jour d'ici début 2021. Son entreprise "Le Bœuf Éthique" vient de lever 600.000 euros.

Emilie Jeannin est éleveuse de bovins charolais à Beurizot dans l'Auxois
Emilie Jeannin est éleveuse de bovins charolais à Beurizot dans l'Auxois © Radio France - Arnaud Racapé

C'est l'histoire d'un petit projet devenu grand : le rêve d'Émilie Jeannin, cette éleveuse de bovins charolais installée à Beurizot dans l'Auxois. Depuis quatre ans, elle se bat pour obtenir le droit d'expérimenter un abattoir mobile dans la région Bourgogne-Franche-Comté, pour "reprendre la main" sur l'abattage de ses animaux, comme elle le dit elle-même. Pour venir taper un coup dans la fourmilière aussi : dans cette filière de l'abattage monopolisée par quatre grands groupes, dont le géant Bigard. 

Un abattage dans les règles, des éleveurs mieux rémunérés et moins d'intermédiaires

C'est l'ambition du projet, et justement c'est en train de se concrétiser ! Son entreprise, le Boeuf Éthique, vient de lever 600.000 euros grâce à six nouveaux investisseurs privés : d'ici l'automne donc, la fabrication de l'abattoir devrait pouvoir commencer. Coût de l'opération : un million et demi d'euros et cinq à six mois de travaux. Trois prestataires, un Finlandais et deux Français, se chargeront de cette partie. 

À quoi va ressembler ce fameux abattoir ?

Il faut imaginer "plusieurs camions", explique Emilie Jeannin. "avec quatre remorques ! Une première remorque qui va être la partie abattoir à proprement parler, une partie office où il y aura les vestiaires par lesquels entrent les salariés, les sanitaires, les douches, les bureaux pour eux et les services vétérinaires. Ensuite, deux autres remorques, une frigorifique qui va permettre le ressuyage des carcasses (faire tomber leur température à 7°C), et une dernière aussi frigorifique qui va permettre de stocker les déchets qu'on aura triés et aussi les peaux". 

Emilie Jeannin entourée de son frère Brian et d'une partie de ses investisseurs
Emilie Jeannin entourée de son frère Brian et d'une partie de ses investisseurs © Radio France - Arnaud Racapé

Une filière, une marque et un pacte éthique

Il faudra 2h30 aux cinq opérateurs pour tout installer avant d'abattre les animaux. Et à nouveau 2h30 pour tout nettoyer et remballer... car rien, aucun déchet ne doit rester sur place. Conséquence : l'abattoir mobile se déplacera à raison d'une ferme par jour, pas plus. Un système lourd et coûteux, la rentabilité ne se trouvera pas dans le volume, mais dans un changement de logique : Émilie Jeannin veut créer une nouvelle filière, avec au cœur de celle-ci, sa propre marque, presque un label, le Boeuf éthique :

"En devenant un interlocuteur unique entre les éleveurs et les consommateurs, on va permettre de mieux répartir le surcoût de l'abattage dans la valorisation de la viande. Qui va être vendue sous une marque particulière, le Bœuf éthique, qui va permettre de garantir que les animaux ont été bien nourris, traités, abattus, et surtout que les éleveurs ont été bien rémunérés. C'est possible si on enlève des intermédiaires et si on fait de façon très professionnelle toutes les étapes."

Pour le consommateur, des garanties 

Reste la question du prix pour le consommateur : forcément plus élevé qu'une viande abattue de manière industrielle et même un peu plus chère, parfois, que la viande estampillée bio. Mais la viande d'Émilie Jeannin offre des garanties : 

"La viande bovine, tous les consommateurs la trouvent déjà assez chère. C'est sûr, elle n'a fait qu'augmenter depuis des années. On se rend moins compte que chez les éleveurs, le prix de la viande bovine ne fait que diminuer, de façon constante. Il y a donc un écart qui s'est creusé et, en fait, on va chercher la valorisation et la rentabilité de notre outil dans cet écart. Effectivement, on va essayer de vendre cette viande au prix de la viande bio, voire un petit peu plus cher en fonction des réseaux."

Choix de la station

À venir dansDanssecondess