Agriculture – Pêche

Elevage : la crise s'aggrave aussi en Creuse

Par Alexandre Blanc, France Bleu Creuse lundi 25 janvier 2016 à 0:41

Une soixante de vaches constitue le cheptel de Paul Bianchi
Une soixante de vaches constitue le cheptel de Paul Bianchi © Radio France - Christophe Zagaglia

Alors que les agriculteurs bretons prévoient de manifester de nouveau en ce début de semaine, les éleveurs creusois ne montrent pas leur colère mais n'en pensent pas moins. Les cotations du bétail ont encore baissé de 20 centimes d'euros au kilo en quelques semaines sur la charolaise.

Le problème n'est pas nouveau mais il n'en finit plus de s'aggraver. L'année 2015 a déjà été marquée par une baisse des cours du bétail et l'effondrement se poursuit. Les éleveurs laitiers, eux-même en souffrance, sont de plus en plus nombreux à cesser leur activité. Les vaches de réforme aux faibles qualités bouchères encombrent les abattoirs et tirent les prix vers le bas. Les races à viande dont on sort les morceaux les plus nobles se retrouvent atteinte à leur tour par la chute des cotations.

Les volumes sont trop importants au regard de la consommation de viande qui recule. Le marché s'engorge. Les animaux prêts à partir à l'abattoir restent sur le bras des éleveurs comme Bernard Moreau, naisseur et engraisseur qui compte 130 vaches-mères à Ajain. Les derniers animaux qu'il a porté à maturité auraient dû être abattus voilà 6 semaines. Ils sont toujours sur l'exploitation.

Ça coûte pour les garder. En 6 semaines, l'animal prêt à être abattu peut reprendre du gras. Ils perdent en qualité et les prix baissent encore davantage » — Bernard Moreau, éleveur à Ajain

Jusqu'à présent, Bernard Moreau a pu rester à l'équilibre mais cette fois, il ne voit pas comment les comptes peuvent finir autrement que dans le rouge. Le printemps va être particulièrement délicat car il faudra racheter des stocks d'alimentation à haut prix après une mauvaise année de récolte de maïs.

Colère sourde et abattement

Les éleveurs creusois rencontrent les mêmes difficultés que les Bretons. Face au mouvement de colère des « bonnets roses », le ministre de l'agriculture Stéphane Le Foll a annoncé qu'un ajustement du plan d'aide à l'élevage serait nécessaire. Lancé en juillet, il prévoit pour l'heure 100 millions d'euros d'aides directes et 600 millions d'allègements de charge.

« Je voudrais bien savoir ce qu'il y a dedans », glisse Philippe Chazette, le président de Creuse-Corrèze-Berry Elevage, la plus importante coopérative creusoise avec 20 000 animaux abattus chaque année et 35 000 veaux exportés. « Il y a beaucoup de paroles, paroles. Dans les actes, on attend de voir, comme d'habitude », poursuit l'éleveur. La rallonge de cette enveloppe d'urgence devrait être discutée ce mercredi en Conseil des ministres.

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