Agriculture – Pêche

Eleveurs au bord de la crise de nerf dans le Loiret

Par Christophe Dupuy et Eric Normand, France Bleu Orléans jeudi 1 septembre 2016 à 19:55

Les vaches de Stéphane Gaume ne le font plus vivre.
Les vaches de Stéphane Gaume ne le font plus vivre. © Radio France - Christophe Dupuy

Invités après l’annonce de la sortie de la Grande-Bretagne de l’UE, les ministres de l’Agriculture européens réfléchissent au château de Chambord, à la prochaine Politique agricole commune. Les sujets de préoccupations sont nombreux pour les agriculteurs. Exemple dans le Loiret.

Les ministres de l'agriculture européens sont au Chateau de Chambord ce vendredi. Ils sont une vingtaine à venir discuter de l'avenir de la politique agricole commune. En pleine crise agricole, le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll convie ses homologues européens alors même que l’Union européenne est chahutée par le Brexit.

La coordination rurale a prévu de manifester à l'entrée du Domaine de Chambord une bonne partie de la journée. Crise du porc, crise du lait, inondations, sécheresse, les sujets de préoccupation sont nombreux dans le monde agricole.

Aujourd'hui, on est en train de crever sur nos exploitations. Il faut qu'on soit entendu, on ne va tenir bien longtemps. Je ne comprends pas mes collègues. Ils ont trouvé des accords à 30 centimes le litre de lait. A 30 centimes, ils ne s'en sortent pas! Moi, il me faut 40 centimes.

Stéphane Gaume est éleveur à Nibelle prés de Pithiviers. Producteur de lait, il est à la tête d'un troupeau de 160 vaches dont une cinquantaine de laitières. Avec une production annuelle de 400 000 litres, il a accusé 35 000 euros de déficit l'an dernier. Il se dit aujourd'hui "asphyxié" et il ne comprend pas le dernier accord signé sur le prix du lait avec Lactalis, il ne demande pas "à faire de l'or, mais avoir un prix qui le fait vivre."

Stéphane Gaume, éleveur à Nivelles, ne comprend le dernier accord signé sur le lait

A 47 ans, Stéphane Gaume ne croit plus en grand chose. "L'Europe, les politiques, les syndicats, Xavier Beulin, les laiteries", il ne se fait plus d'illusions. Cet agriculteur estime avoir fait tous les efforts qu'il pouvait. Il produit 400 000 litres de lait par an, mais à perte ...  "J'ai baissé de 8000 euros mes charges", dit-il et d'ajouter qu'il "ne pouvait plus investir" et il se demande maintenant "comment il va pouvoir entretenir son matériel."

On ne peut pas compter que sur nos femmes, qui bossent et font un boulot à côté.

Sa femme est assistante-maternelle. Stéphane a été contraint de se diversifier dans la vente à la ferme de viande mais ce petit-fils d'agriculteur est loin de l'idée qu'il se fait de la profession: "je ne pensais pas que 20 ou 30 ans, j'allais me retrouver dans cette misère. Je veux juste faire vivre mes enfants, nourrir ma famille." Il y a 20 ans, ils étaient une petite dizaine installée sur la commune de Nibelle. Aujourd'hui, il est le dernier.

Le portrait d'un agriculteur en grandes difficultés. Reportage Christophe Dupuy

Stéphane Gaume travaille mais à perte.  - Radio France
Stéphane Gaume travaille mais à perte. © Radio France - Christophe Dupuy

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