Agriculture – Pêche

En Bretagne, les producteurs de porcs retrouvent le sourire

Par Anne Treguer, France Bleu Armorique, France Bleu Breizh Izel et France Bleu mardi 13 septembre 2016 à 7:00

Anne-Gaëlle Arzel, jeune productrice de porc
Anne-Gaëlle Arzel, jeune productrice de porc © Radio France - Anne Tréguer

C'est le coup d'envoi cette semaine du Space, le salon international des productions animales à Rennes. Le monde agricole n'a globalement pas le moral : les producteurs de lait continuent de manifester pour réclamer des cours décents. En revanche, les éleveurs de porcs commencent à relever la tête.

Les chinois sauvent les producteurs porcins

Après une année 2015 catastrophique, les 3.000 producteurs de porcs retrouvent le sourire et l'embellie vient des chinois. "En mars dernier, la Chine est touchée par un problème sanitaire et commence à acheter des animaux et carcasses de façon colossale", nous explique Michel Bloc'h, le président de l'union des groupements de producteurs de viande en Bretagne. "La demande a triplé et cela a assaini considérablement  le marché. Cela nous permet surtout de renflouer nos trésoreries , cette embellie est une vraie bonne surprise, mais on sait aussi que cela reste fragile," conclut Michel Bloch.

Michel Bloch président de l'union des groupements de producteurs de viande en Bretagne  - Radio France
Michel Bloch président de l'union des groupements de producteurs de viande en Bretagne © Radio France - Anne Tréguer

La production porcine bretonne est essentiellement dans le Finistère et les Côtes d'Armor 

La Bretagne compte 3.000 producteurs de porcs et la grande majorité sont dans le Finistère et les Côtes d'Armor ( quatre millions de porcs abattus en moyenne par an), l'Ille-et-Vilaine et le Morbihan recensent un million de porcs abattus chaque année. Les débouchés avec la Chine et des cours à la hausse ,avec en moyenne 1 euro 50 le kilo de porc, sont une bonne nouvelle pour les jeunes qui continuent de s'installer. Ils investissent en moyenne entre 500.000 et 600.000 euros. La demande des abattoirs pour du cochon bio est aussi de plus en plus forte, mais la Bretagne n'arrive pas à y répondre. "Il y de la place pour tout le monde : bio, label rouge, standard" , nous dit  Michel Bloch.

Porcs de race large white et landrace élevés en plein air à Guiclan (Finistère) - Radio France
Porcs de race large white et landrace élevés en plein air à Guiclan (Finistère) © Radio France - Anne Tréguer

Anne-Gaëlle se lance dans le porc bio de plein air avec bonheur

Anne-Gaëlle, 38 ans est une ancienne assistance vétérinaire et infographiste. Éprise de liberté, d'autonomie elle choisit de changer de vie après avoir bien bourlingué et elle se lance dans la production porcine. Seule, enthousiaste et passionnée, rien ne lui fait peur. Elle se lance avec cinq truies et une soixantaine de porcelets. Elle a obtenu un prêt bancaire de 75.000 euros sans aucune difficulté.

Anne-Gaëlle Arzel, heureuse d'avoir changer de vie - Radio France
Anne-Gaëlle Arzel, heureuse d'avoir changer de vie © Radio France - Anne Tréguer

Elle sera toutes les semaines sur le marché bio de Kérinou à Brest

Elle écoulera sa production en circuit court. "Je serai sur le marché bio de Kérinou à Brest tous les mardis après-midi et samedis matins. Je vendrai aussi des caissettes directement à la ferme. Je loue pour le moment mes terres et un hangar à Guiclan."

"Ce modèle économique est un choix assumé , je suis heureuse avec mes cochons en plein air. J'ai déjà instauré un climat de confiance avec mes cochons ! "

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