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Agriculture – Pêche DOSSIER : L'environnement : un enjeu électoral 2017

En Indre-et-Loire, les agriculteurs se sentent exclus du débat présidentiel

jeudi 30 mars 2017 à 5:00 Par Adèle Bossard, France Bleu Touraine et France Bleu

Les candidats à l'élection présidentielle sont invités à s'exprimer ce jeudi sur leur programme et sur leurs ambitions agricoles à l'occasion du congrès de la FNSEA, à Brest. Mais à quelques jours du scrutin, les agriculteurs ne se sentent ni écoutés ni compris par les candidats.

L'élevage de génisses d'Emmanuel Deveau, dans le Sud Touraine.
L'élevage de génisses d'Emmanuel Deveau, dans le Sud Touraine. © Radio France - Adèle Bossard

Indre-et-Loire, France

Les candidats à l'élection présidentielle sont invités à s'exprimer sur leur programme et sur leurs ambitions agricoles ce jeudi à Brest, à l'occasion du congrès de la FNSEA, à Brest. En Touraine, le monde agricole est un secteur important, divers, et récemment touché par des crises successives : prix trop bas du lait, de la viande, des céréales, impact des inondations de l'an dernier sur les productions... Si bien qu'en 35 ans, la Touraine a déjà perdu 20 000 hectares de terres agricoles. Mais malgré ces nombreux sujets de préoccupation, les agriculteurs n'ont pas l'impression qu'ils font partie des sujets de débat de cette campagne. Qu'ils soient éleveurs ou céréaliers, en conventionnel ou en bio, les agriculteurs partagent au moins un constat sur cette élection : ils ne se sentent pas écoutés.

Aujourd'hui, on ne doit notre survie qu'aux aides" - Emmanuel, agriculteur à La-Chapelle-Blanche-Saint-Martin

"Notre futur président, quel qu'il soit, je ne suis pas sûr qu'il s'intéresse beaucoup à l'agriculture, regrette Emmanuel Deveau. À 35 ans, il a repris une ferme à La-Chapelle-Blanche-Saint-Martin, dans le Sud Touraine. Il élève à la fois des génisses, pour des producteurs laitiers, et il produit des céréales, le tout en bio. "À chaque nouvelle élection, on voit les candidats se présenter au salon de l'Agriculture mais ce n'est pas là qu'on se rend compte des réalités du terrain. Aujourd'hui, les agriculteurs sont des pantins, on joue avec nous. Il y a un manque de liberté et d'indépendance, on ne doit notre survie qu'aux aides mais les bases de l'agriculture ce n'est pas ça, c'est de bien payer le produit, à sa juste valeur."

"Notre futur président, quel qu'il soit, je ne suis pas sûr qu'il s'intéresse beaucoup à l'agriculture" Emmanuel Deveau, agriculteur à La Chapelle Blanche

Réformer la PAC et parler d'écologie

Les aides restent souvent le principal sujet de préoccupation. Notamment celles de la PAC, la politique agricole commune à l'Europe. C'est notamment sur ce sujet que Jean-Claude Quillet voudrait interpeller les candidats. Il est à la tête d'une exploitation de plusieurs centaines d'hectares à Montlouis-sur-Loire. Il ne veut pas envisager une sortie de l'Europe mais il veut une réforme de la PAC : "Cette année, on est sur une année difficile avec des rendements faibles et un prix des céréales qui n'est pas élevé et qui baisse encore. Le problème de l'Europe, c'est qu'elle fait aujourd'hui le contraire de ce qu'il faudrait qu'elle fasse : les prix baissent et l'Europe baisse les aides, alors on s'enfonce davantage.Je pense qu'au contraire les aides devraient être modulées en fonction des prix de marché". En cause aussi, la lourdeur administrative de la PAC : "Aujourd'hui, on a même besoin d'une secrétaire pour s'en occuper, c'est infernal".

Il n'y a pas beaucoup de candidats qui parlent d'agro-écologie" - Didier Gibon, agriculteur bio

Ceux qui ont fait le choix de l'agriculture biologique, eux non plus, ne se sentent pas considérés à leur juste valeur. "Il y a une forte demande de la part des consommateurs, les gens demandent plus de produits sains, donc le bio c'est important, estime Didier Gibon, président du groupement des agriculteurs biologiques et biodynamiques de Touraine. Et puis on a une éthique notamment sociologique : on veut créer des emplois pérennes et non-délocalisables dans nos campagnes". L'association Le Grain Libre vient justement d''embaucher une personne dans le Sud Touraine."On est surtout déçus qu'il y ait si peu de candidats à parler d'agro-écologie et d'écologie en général et de choses environnementales, sauf peut-être Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, mais ils sont incapables de s'entendre, poursuit Didier Gibon. Pour ma part, ces questions seront déterminantes dans mon vote, c'est sûr."

Mais à moins d'un mois de l'élection, aucun n'a trouvé le candidat qui réponde à ses attentes.

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Durant toute la durée des campagnes pour l’élection présidentielle et les législatives, France Bleu a choisi de ne pas relayer de sondage sur son site internet. Fidèle à son image de proximité, France Bleu donne la parole au plus grand nombre au travers des reportages réalisés sur le terrain par les rédactions des 44 locales du réseau France Bleu.