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En Occitanie, l'inquiétude des petits agriculteurs et de ceux en bio vis à vis de la prochaine PAC

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Par , France Bleu Occitanie, France Bleu

Les petits agriculteurs et ceux en bio s'inquiètent pour leur avenir. Ils dénoncent une PAC pas assez redistributive car trop soumise à la taille des exploitations, et des choix du gouvernement français mettant en danger ceux qui se convertissent à l'agriculture biologique. Explications.

Les syndicats agricoles se mobilisent contre la réforme de la PAC.
Les syndicats agricoles se mobilisent contre la réforme de la PAC. © Radio France - Le Pictorium/Maxppp

De nombreux agriculteurs en bio et/ou ayant des petites exploitations s'inquiètent de la prochaine PAC, la politique agricole commune de l'Union européenne, prévue pour 2023-2027. La Confédération paysanne notamment, a manifesté jeudi dernier devant le siège de Pôle Emploi à Paris et prévoit, avec la Fédération Nationale du Bio, une nouvelle manifestation ce mercredi à 12h dans la capitale, aux Invalides.

Une aide européenne soumise à la taille

La PAC possède "deux piliers", et le premier conditionne les aides à la taille de l'exploitation. Si les 9,5 milliards d'euros annuels de l'Union européenne attribués à la France dans le cadre de la PAC seront reconduits, ce principe d'attribution lui ne change pas. 

Or cela est injuste, dit notamment la Confédération paysanne, syndicat agricole classé à gauche, qui souligne que 30% des exploitations françaises sont des petites fermes, qui donc ne touchent rien. "Un petit éleveur dans les Pyrénées peut avoir 80 euros par hectare, contre 200 euros pour les céréaliers du Lauragais par exemple", détaille Laurence Marandola, chargée du dossier PAC dans ce syndicat. "Conséquence: 15.000 emplois par an disparaissent et on peut donc comparer la nouvelle PAC à un grand plan de licenciement." 

Hélène Delmas, éleveuse de volaille dans le Lauragais et membre du syndicat assure elle qu'elle aurait du mal à se passer de la PAC pour ses hectares en grandes cultures (céréales), mais qu'elle la trouve injuste : "Certains touchent la PAC et s'achètent des villas à la mer, est-ce normal ? Moi je serai prête à toucher moins si la PAC allait vers des fermes créatrices d'emplois".  La Confédération paysanne voudrait plafonner les aides et les réorienter notamment vers le bio.

Olivier Barthès, maraîcher aux Cassès, qui écoule sa production raisonnée en vente directe et sur les marchés, ne touche pas la PAC pour la partie légumes et fruits."La PAC correspond à tout un sytème qui interroge", dit il. Etre soumis aux cours mondiaux pour sa production est-ce normal ?", faisant référence au cours mondial des céréales, notamment.

La fin des aides au maintien ?

Mais il ne faut pas acculer l'Europe, car le gouvernement français fait aussi des choix (qui doivent être formalisés d’ici au début de l’été, puis être évalués par l’autorité environnementale à l’automne 2021, et remis à l’Union européenne avant la fin de l’année.) Ainsi, le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie a présenté il y a une dizaine de jours la manière dont l'enveloppe d'aides de l'UE pourrait être répartie en France. Le ministre a ainsi annoncé une enveloppe d'aide à l'installation en bio de 340 millions d'euros, pour atteindre 18% de surface en bio d'ici 2027 - l'objectif européen étant fixé à 25% en 2030. Mais il veut en parallèle réduire l'aide au maintien de ces agriculteurs bio. "On craint des déconversions", souligne Frédéric Cluzon, membre de la fédération régionale d'Agriculture Biologique. En clair, qu'une grande partie des 11.000 agriculteurs d'Occitanie qui sont en train de se convertir décident de revenir à de l'agriculture conventionnelle.

Un nouveau label problématique

Par ailleurs, le gouvernement a annoncé que le label Haute valeur environnementale (HVE) allait permettre de bénéficier des aides des "écorégimes" de la prochaine PAC, au même titre que l’agriculture biologique. Or, une note confidentielle, révélée par Le Monde, de l’Office français de la biodiversité (OFB), remise fin 2020 au ministère de l’Agriculture, mais restée confidentielle, montre pourtant que ce label HVE a tout d'un "greenwhasing". Il permet notamment d'utiliser des pesticides de synthèse dans des proportions assez élevées. Les associations environnementales dénoncent un lobby de l'agriculture intensive et craignent la disparition pure et simple du bio. 

Ceci étant, l'Occitanie est la région championne du bio, selon le site Inter-bio Occitanie :
en 10 ans, les surfaces bio d’Occitanie ont été multipliées par plus de trois, et elles représentent 23 % des exploitations bio de France et 16% de la surface agricole utilisée régionale. 

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