Agriculture – Pêche

En Sarthe, le nombre de conversions en agriculture biologique a doublé en 2016

Par Typhaine Morin, France Bleu Maine mardi 13 septembre 2016 à 5:00

Elevage bio de bovins charolais et aubrac sur les bords du Loir en Sarthe
Elevage bio de bovins charolais et aubrac sur les bords du Loir en Sarthe © Maxppp -

Le département de la Sarthe est le petit poucet des Pays de la Loire pour l'agriculture biologique. Malgré tout, le nombre de conversions a doublé en 2016 : la chambre d'agriculture a suivi 43 dossiers de conversions en bio, contre une vingtaine par an les années précédentes.

Depuis 2010, l'agriculture biologique est en faible mais constante augmentation dans le département de la Sarthe. Mais "cette année a été particulièrement marquée par des conversions, et notamment en élevage laitier", observe Florence Letailleur, chargée de mission en agriculture biologique à la chambre d'agriculture de la Sarthe. "Entre 2010 et 2015, il y avait chaque année entre 20 et 25 dossiers de conversion. Cette année, on en a 43, avec à peu près 2400 hectares à convertir." C'est le double par rapport aux années précédentes.

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Crise laitière et stratégie des coopératives

Cette hausse concerne surtout l'élevage laitier. La crise laitière explique cette hausse, mais aussi la stratégie des coopératives. "Elles souhaitent développer cette filière à la fois sur le national, et aussi à l'export, poursuit Florence Letailleur. Parce qu'il y a une forte augmentation du lait bio par les ménages."

Beaucoup de ceux qui ont entamé une conversion "avaient un système assez proche du bio, et ils attendaient un déclic pour se lancer." "Avec 275 agriculteurs bio dans le département, c'est encore marginal, mais ça suscite de l'intérêt et comme ça fonctionne, les voisins viennent voir et discutent avec les bio pour voir comment leur système peut fonctionner", analyse Florence Letailleur.

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Enveloppe vide

Le problème, c'est que cette conversion ce finance, s'accompagne avec des aides. Et l'agriculture biologique connaît un tel succès que l'enveloppe allouée pour 5 ans (2015-2020) à filière par l'Union européenne et l'Etat est déjà vide. "On nous a dit que le bio était une priorité, qu'il fallait débloquer les surfaces, eh bien on y est. On développe les surfaces, les filières jouent le jeu et développent aussi cette production. Mais derrière il faut pouvoir aider les producteurs, surtout dans les deux premières années qui sont très compliquées", explique Florence Letailleur.

Pendant ces deux années-là, le producteur répond aux critères du bio, mais il vend au prix du conventionnel (non-bio, ndlr). Par exemple, un litre de lait conventionnel est vendu 30 centimes d'euros par le producteur, contre 45 centimes en bio. "Il faut une volonté politique et de l'argent pour aider ces agriculteurs", conclut la chargée de mission en agriculture biologique.

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