Agriculture – Pêche

En visite à Dijon, Stéphane Le Foll promet des aides supplémentaires aux éleveurs bourguignons

Par Marion Bastit, France Bleu Bourgogne vendredi 30 octobre 2015 à 18:38

Ce vendredi, Stéphane Le Foll a rencontré les éleveurs et les élus bourguignons.
Ce vendredi, Stéphane Le Foll a rencontré les éleveurs et les élus bourguignons. © Radio France - Marion Bastit

Ce vendredi matin à Dijon, le ministre de l'Agriculture est venu à la rencontre des éleveurs bourguignons. Il a promis une enveloppe supplémentaire pour les aider, en attendant la signature de contrats tripartites entre producteurs, transformateurs et distributeurs, en cours de négociation.

Stéphane Le Foll est venu voir les agriculteurs bourguignons ce vendredi à la préfecture à Dijon. Le ministre de l'Agriculture a pris le petit-déjeuner avec des représentants locaux de la FNSEA, des Jeunes agriculteurs et de la Chambre d'agriculture. Il a fait le point sur le plan d'urgence pour aider les éleveurs, qui s'élève à quatre millions d'euros d'allègement de charge pour la Bourgogne. Il faudrait deux à trois fois plus d'argent selon les syndicats. Le ministre a donc promis une enveloppe supplémentaire à destination des éleveurs bourguignons, sans préciser le montant de cette enveloppe, qui dépendra des aides versées dans toute la France à la fin de l'année.

Au-delà de l'urgence, des contrats

Il a aussi fait le point sur les négociations en cours avec le reste de la filière bovine. Alors que l'accord sur les prix du 17 juin n'est toujours pas respecté, le ministre réclame des contrats tripartites entre les producteurs, les transformateurs et les distributeurs. « Si on n'a pas cette manière de gérer la filière et la production avec les débouchés comme perspective, il y a une partie de la valeur produite dans toute cette filière qui échappe aux producteurs, ce qui aujourd'hui pose des problèmes énormes. Les situations d'endettement, d'encours de dettes qu'on connaît aujourd'hui pour de nombreux éleveurs prouvent qu'on est dans une situation extrêmement délicate et difficile. »

"Autant d'aides, et autant d'éleveurs endettés, ça ne va pas !" Stéphane Le Foll

_« Ça ne peut pas continuer comme ça, déclare-t-il. On ne peut pas avoir à la fois les aides de la politique agricole commune (Pac), les aides liées au pacte de responsabilité aujourd'hui, des aides qui sont nécessaires et qui tournent autour de 19 à 20 milliards d'euros dans leur globalité, au niveau national et européen, et se retrouver avec de tels niveaux d'endettement. C'est qu'il y a un problème dans la répartition de la valeur dans ces filières. »_

Faire plier Bigard

Le principal obstacle à ces contrats de filières, c'est que le groupe industriel Bigard, qui représente 40 % de l'abattage en France, boude les négociations. Absent de la table ronde de la filière lundi dernier à Paris, il a pris rendez-vous en privé avec Stéphane Le Foll. Jean-Pierre Fleury, le président de la fédération nationale bovine, prévoit des actions dans les jours à venir pour faire plier Bigard.

"Acheter des produits Bigard, c'est faire crever les éleveurs"Jean-Pierre Fleury

_« A un moment donné, il va falloir que le consommateur fasse le choix entre des produits qui rémunèrent les éleveurs, et des produits Bigard-Charal qui rémunèrent les industriels et qui font crever les éleveurs, lance-t-il. Ce dossier-là n'est plus économique, il relève d'un débat public, sur lequel on ne lâchera pas. Les actions qui vont s'enclencher dans les jours et semaines prochaines, c'est pour prendre à témoin l'opinion publique, les consommateurs, et on verra bien si Monsieur Bigard ne revient pas à la table des négociations. Ceux qui pensent qu'on va revenir à l'avant 17 juin, ils se trompent. On ne lâchera pas, car on joue la peau des éleveurs français. »_