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Entre sécheresse, prix bas et Covid-19, l'agriculture ligérienne est en grande souffrance selon Paul Meunier

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Par , France Bleu Saint-Étienne Loire

Les Jeunes Agriculteurs tiennent à partir de ce mardi 27 octobre leur Congrès annuel à La Baule (Loire-Atlantique). L'occasion de faire le point sur le moral des agriculteurs et l'état de santé de l'agriculture ligérienne avec Paul Meunier, secrétaire général des Jeunes Agriculteurs 42.

Paul Meunier, secrétaire général des Jeunes Agriculteurs de la Loire
Paul Meunier, secrétaire général des Jeunes Agriculteurs de la Loire - Les Jeunes Agriculteurs 42

C'est un des rares événements maintenus malgré le contexte de crise sanitaire : le Congrès des Jeunes Agriculteurs débute ce mardi 27 octobre et se tient à La Baule (Loire-Atlantique) pendant trois jours. Au menu de la rencontre du syndicat agricole : l'installation des jeunes agriculteurs. Un rendez-vous qui est aussi l'occasion de faire le point sur le monde agricole et le moral des agriculteurs ligériens dans un contexte très difficile cette année entre la Covid-19, la sécheresse et des prix très bas en particulier dans le secteur de l'élevage. 

Paul Meunier, secrétaire général des Jeunes Agriculteurs de la Loire est l'invité de la rédaction de France Bleu Saint-Etienne Loire ce mardi 27 octobre 2020

Quels sont les secteurs de l'agriculture ligérienne qui souffrent le plus cette année ? 

Celui qui endure vraiment le plus, c'est le secteur allaitant, le secteur du bovin, de viande, qui est le plus endommagé. Entre les prix, les sécheresse et un peu le Covid-19, c'est vraiment le secteur le plus touché. 

Y-a-t-il des mesures de restrictions sur l'export vers des pays de certains produits agricoles qui sont liés à la crise de la Covid-19 ? 

Par exemple pour la viande, il y la Chine mais c'est un marché qui n'en était qu'au début donc c'est pas celui qui a le plus impacté. Pour la viande, la crise n'est pas liée à la Covid : là, on a un gros problème sur l'export de nos mâles qui ne sont pas consommés en France mais en Italie et dont le prix a chuté de manière impressionnante et inexplicable.  Et la seule solution qu'on a en tant que syndicat, c'est de demander aux agriculteurs de ne pas vendre leurs bêtes pour voir si c'est vraiment lié au marché ou pas. Aujourd'hui, on est à peine à 2,30 € le kilo à la vente alors qu'on a un coût de production qui dépasse les 3,15€. Donc on en est à plusieurs centaines d'euros de perdus par animal. 

La sécheresse a encore frappé très fortement la Loire cette année : est-ce que la situation est particulièrement préoccupante ? 

Je pense que le monde agricole est à genoux. Les stocks de fourrage sont au plus bas, il y a des agriculteurs qui n'auront pas de quoi passer l'hiver et qui auront vraiment du mal à les reconstruire l'année prochaine. Dans le Roannais, certaines exploitations en sont à trois, voire quatre années de sécheresses consécutives sans que les prairies ne puissent jamais repousser. Il y a beaucoup trop d'agriculteurs qui sont à bout, économiquement comme mentalement. 

La Loire est en couvre-feu depuis le weekend dernier. Est-ce que vous redoutez un reconfinement ? 

En tant qu'agriculteur, on arrivera toujours à travailler. Après, ce qu'on espère c'est que nos marchés ne se ferment pas, à tous les niveaux. Que l'on continue de consommer Français, que nos marchés de producteurs soient toujours ouverts ce qui n'a pas été le cas partout au mois de mai. C'est ça qu'on redoute et pas tellement de ne pas pouvoir faire notre travail. 

"Consommer Français", c'est un sujet central en ce moment avec la Turquie dont les rapports se tendent et qu'Ankara appelle à un boycott des produits français : est-ce que ça vous inquiète ? 

Au niveau économique, ça m'inquiète un peu. C'est toujours perturbant d'entendre qu'un marché va se fermer pour des raisons politiques qui nous échappent complètement. On ne sait pas quand est-ce qu'on pourra le rouvrir. Là, ils ont beaucoup parlé des produits laitiers comme La vache qui rit qui est une marque française reconnue à l'international. Et qu'on perde un marché, ça impacte toute une filière, les  producteurs de lait mais aussi les transformateurs. Donc oui, c'est jamais une bonne chose. 

Est-ce qu'il y a malgré tout des secteurs qui tirent leur épingle du jeu, avec des marges d'optimisme selon vous ? 

C'est plutôt vraiment ce qui est très local, qui pendant le confinement a plutôt pas mal marché comme les marchés de producteurs. Parce que les gens avaient plus de temps pour aller jusqu'au marché, pour cuisiner. Mais ce ne sera pas suffisant ! La France est un gros pays producteur qui exporte une grosse partie de son agriculture parce qu'elle est efficace. On arrive à bien produire, à produire sainement, elle est reconnue à l'international et parfois demandée. Et le genre d'actions comme celle de la Turquie nous met mal à l'aise ! 

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