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Agriculture – Pêche

Éric Rochas, éleveur : "C'est dur d'emmener nos bêtes à l'abattoir mais c'est notre métier"

jeudi 13 septembre 2018 à 19:55 Par Nicolas Joly, France Bleu Isère et France Bleu

À la fois éleveur à la ferme des Colibris à Méaudre (Isère) et président de l'abattoir de Grenoble, Éric Rochas porte deux casquettes à priori incompatibles. Pourtant, il déclare aimer ses animaux et veiller à leur bien-être jusqu'à leur mise à mort.

Chaque semaine, deux bovins sont envoyés à l'abattoir depuis la ferme des Colibris
Chaque semaine, deux bovins sont envoyés à l'abattoir depuis la ferme des Colibris © Radio France - Nicolas Joly

Méaudre, France

La ferme des Colibris, à Méaudre, abrite près de 250 bovins. Des Blondes d'Aquitaine dont la plupart sont nées ici-même, qui portent chacune un prénom que leur donne Éric Rochas.  L'éleveur s'occupe d'elles dès leur naissance, et s'assure de leur bien-être jusqu'à leur abattage, une étape nécessaire à la production de viande à laquelle il préfère ne pas assister : "On connaît nos bêtes, on connaît leurs tempéraments. C'est dur d'emmener nos bêtes à l'abattoir mais c'est notre métier. Nourrir la population et le faire bien c'est notre leitmotiv."

Éric Rochas gère la ferme avec son fils Dylan - Radio France
Éric Rochas gère la ferme avec son fils Dylan © Radio France - Nicolas Joly

Un abattage sans souffrance

Éric Rochas a la particularité d'être à la fois éleveur et président de l'abattoir de Grenoble. Cela lui permet d'avoir une vue d'ensemble sur la chaîne de production de sa viande. Pour lui, les vidéos publiées par l'association L214 montrant des animaux maltraités et conscients lors de leur abattage sont inacceptables : "Ces images ne sont pas tolérables, je ne les accepte pas. Mais ce n'est pas ce qu'il se passe dans tous les abattoirs de France ou d'Europe." À Grenoble, Éric Rochas garantit un abattage des bêtes sans souffrance, conformément à la législation européenne. "L'animal est étourdi, il va donc être saigné dans un état d'inconscience, provoqué électriquement ou mécaniquement. C'est une mort, nous sommes bien d'accord, mais c'est une mort sans souffrance."

La ferme est ouverte toute l'année pour que les visiteurs puissent eux-même constater les conditions de vie des animaux - Radio France
La ferme est ouverte toute l'année pour que les visiteurs puissent eux-même constater les conditions de vie des animaux © Radio France - Nicolas Joly

Ouvrir la ferme aux visiteurs

Pour les Rochas, il est important que les consommateurs puissent eux-même évaluer les conditions de vie des animaux. C'est pourquoi l'exploitation est ouverte toute l'année aux visiteurs, dont le profil a changé au fil des ans. Pour Dylan Rochas, le partage de savoirs et la pédagogie font partie des nouvelles missions des agriculteurs : "Nous étions habitués à voir des personnes plus âgées venir chercher leurs produits à la ferme, mais nous voyons de plus en plus de jeunes parents, de trentenaires. Les jeunes générations sont de plus en plus concernées par ce qu'elles ont dans leurs assiettes. Nous avons une clientèle de la ville, qui vient se renseigner à la campagne sur les modes de production et le bien-être animal."

Les Rochas ont fait le choix d'une agriculture bio, qui laisse le plus d'espace possible aux animaux - Radio France
Les Rochas ont fait le choix d'une agriculture bio, qui laisse le plus d'espace possible aux animaux © Radio France - Nicolas Joly