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Face à chute des prix de la viande, les éleveurs d'Occitanie appelés à ne plus mener leurs bêtes à l'abattoir

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Par , France Bleu Occitanie, France Bleu

Depuis le début du confinement, les ventes de steak hachés ont explosé, pourtant le prix payé à l'éleveur est en chute libre. Pour faire pression sur les distributeurs et les transformateurs, les éleveurs son appelés à garder leurs bêtes pour provoquer la pénurie et imposer le "juste prix".

Des bovin de race à viande Aubrac sur la commune d'Aubrac en Aveyron
Des bovin de race à viande Aubrac sur la commune d'Aubrac en Aveyron © Maxppp - Christian Watier

Depuis le début du confinement, la consommation de viande rouge est en hausse. Les consommateurs se sont rués sur les steak hachés, les ventes ont fait un bon de 24% et  même de 60% pour les steak hachés surgelés, de la viande française puisque les importations sont au point mort. Et pourtant, cette embellie ne bénéficie pas aux éleveurs, car les prix payés au producteur ne cessent de baisser. Pour éviter de vendre à perte, les syndicats agricoles qui dénoncent les marges excessives des intermédiaires appellent les éleveurs à garder leur bêtes au champs et à ne plus livrer les abattoirs. L'objectif est d'imposer la pénurie pour faire remonter les prix.  

Des prix 30% inférieur au coût de production  

"Cette chute du prix de la viande payé à l'éleveur ne date pas d'hier, mais cette accélération depuis le début du confinement a de quoi interroger" estime Valérie Imbert , éleveuse de vaches Aubrac à Saint-Santin aux confins de l'Aveyron, du Cantal et du Lot. 

Des vaches à viande de la race Aubrac
Des vaches à viande de la race Aubrac © Maxppp - Christian Watier

"Les gens consomment de la viande et de la viande française. _Pour le consommateur, le prix n'a pas baissé, mais c'est nous éleveurs qui payons les pots cassés_. Mais où est donc passée la valeur ajoutée ? Ce sont les intermédiaires, abattoirs, transformateurs, enseignes de la grande distribution qui empochent cet argent là". Valérie Imbert, qui est aussi présidente de la FDSEA de l'Aveyron, appelle les éleveurs à retarder au maximum la vente de leurs bêtes.

Gardez vos animaux chez vous, de manière à créer une pénurie pour faire remonter les prix à l'éleveur. 

Valérie Imbert , éleveuse de vaches Auibrac à Saint Santin

Selon la Fédération nationale bovine (FNB) qui lance ce mot d'ordre de boycott des abattoirs, le prix actuellement proposé par les transformateurs est 30% inférieur aux coûts de production de 4,89 euros le kilo de carcasse payé à l'éleveur. Bruno Dufayet, le patron de la Fédération, accuse "certains industriels de faire de l’intox pour créer une psychose, provoquer une sortie massive des animaux, faire pression à la baisse sur les prix et augmenter leurs marges sur le dos des éleveurs." 

Faire pression sur les intermédiaires et la grande distribution  

"Au dernier salon d'agriculture, on payait déjà nos vaches à 1€ en dessous du coût de production par kilo, depuis le Covid, on en est à 1€33. A ce tarif là, aucun éleveur n'est capable de vivre de son métier" ajoute Valérie Imbert. "Jusqu'à présent, on nous disait qu'il y avait des importations qui bouleversaient le commerce français. Or aujourd'hui, il n'y a plus d'importation, _le consommateur achète de la viande française, donc les prix devraient remonter_. Et c'est parce que les prix ne remontent pas que l'on demande à ce que les animaux restent en ferme. Ce n'est pas évident pour un éleveur qui est le couteau sous la gorge, qui doit vendre ses bêtes pour régler ses factures, mais c'est le seul moyen d'imposer des prix rémunérateurs." 

Des prix rémunérateurs 

"Depuis le début de la crise du coronavirus, Emmanuel Macron nous demande d'assurer l'autonomie alimentaire, notre mission première est de nourrir la population. Le consommateur français est prêt à payer de la viande de qualité, mais si l'agriculteur n'est pas rémunéré, on sera obligé de faire de l'importation. _On va faire comme les légumes où il n'y a plus d'asperges, plus de fraises françaises qui viennent d'Espagne_. Il faut se donner les moyens de rémunérer nos éleveurs." 

"Il y a trois ans, Emmanuel Macron avait lancé les Etats Généraux de l'Alimentation pour que toute la filière s'engage sur un prix rémunérateur pour l'éleveur. Le ministre, tous les opérateurs de la filière l'avaient signé. Où est passé cet engagement ? " se désole Valérie Imbert.  

La confédération Paysanne de l'Aveyron, syndicat emblématique de José Bové, a rejoint cet appel de la Fédération Nationale Bovine. "cette action ne vise en aucun cas à mener le pays vers la pénurie, mais bien à alerter au sujet d'une situation devenue intenable pour les éleveurs" explique le syndicat.

"Quand la demande augmente, les prix doivent augmenter aussi" estime Dominique Fayel , éleveur de vaches limousines à Senergues  près de Conques, qui retarde depuis trois semaine la vente de trois de ses bêtes à l'engraissement. "On va essayer de tenir, si ça ne dure pas trop longtemps, car une autre menace se profile, c'est la sécheresse qui pourrait faire que la capacité à nourrir les animaux soit plus limitée. Le fourrage, c'est au printemps qu'il pousse, les pâturages aussi. Ces derniers jours, il a plu un peu, on va voir ce que ça va donner dans les jours qui viennent".

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