Agriculture – Pêche

Faut-il se méfier du gaz de conservation utilisé par les producteurs de pommes en Touraine ?

Par Yohan Nicolas, France Bleu Touraine et France Bleu mardi 22 septembre 2015 à 17:05

Un rayon de pommes (illustration)
Un rayon de pommes (illustration) © Max PPP - Jean-François Frey

Les producteurs de pommes en Touraine utilisent le gaz Smartfresh. Il est utilisé dans les chambres froides. Il permet d'arrêter le vieillissement du fruit et de le vendre toute l'année. Mais avec quels effets sur la santé ?

L'automne arrive et les premières pommes font leur apparition dans les étals. Les récoltes ont déjà commencé, elles vont s'étendre en Indre-et-Loire jusqu'en novembre. Mais aujourd'hui, la pomme est devenue aussi un fruit d'été. On la trouve dans les magasins même en juillet et en août, soit presque un an après la récolte. Comment peut on conserver aussi longtemps un fruit ? Grâce à un produit appelé le Smartfresh. Il est utilisé depuis une douzaine d'années en Indre-et-Loire. Un produit révolutionnaire mais qui créé la polémique.

Des effets cancérigènes ?

Le gaz est aspergé sur les fruits stockés en chambre froide. Une chambre froide en elle-même ralentit le processus de vieillissement des fruits. Mais avec le Smartfresh, le vieillissement est stoppé. Si bien qu'une pomme peut être conservée pendant plus d'un an sans qu'il n'y ait le moindre effet sur le fruit. Pas la moindre trace. La pomme est belle, ronde, sans aucune éraflure, sa couleur est éclatante. "Cela permet de répondre aux exigences de la grande distribution" disent les producteurs.

Nathalie Guillon est gérante de l'exploitation "Les Belles de Touraine" à Saint-Senoch. Elle affirme "avoir vu des palettes entières revenir des grandes surfaces parce qu'elles n'étaient pas conformes aux exigences de l'acheteur". Elle comprend donc l'utilisation de ce gaz par les arboriculteurs. Elle a utilisé le Smartfresh il y a une dizaine d'années. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. Pour elle, utiliser un tel produit n'est pas responsable puisqu'on soupçonne un danger pour la santé. Il faut appliquer le principe de précaution. "Il y a 30 ans, les phtalates, on ignorait que la bouteille plastique, elle induisait des cancers. On lance des produits, et puis un jour, on s'aperçoit que ça a peut être une incidence".

Une étude a récemment démontré la toxicité du Smartfresh. Il aurait des effets cancérigènes. Une étude qui est contestée par plusieurs acteurs de la filière. Nathalie Guillon.

Reportage Jérôme Collin