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Agriculture – Pêche

Ferme de 800 veaux à Saint Gilles : des associations manifestent pour le retrait du projet

samedi 25 novembre 2017 à 19:00 Par Morgane Heuclin-Reffait, France Bleu Armorique

La ferme de la famille Jouet, à Saint Gilles près de Rennes a obtenu l'autorisation de la préfecture début septembre pour s'agrandir. L'élevage doit passer de 500 à 800 veaux. L'association L-PEA, qui défend la cause animale, a manifesté samedi après-midi devant la préfecture pour s'y opposer.

Plus d'une centaine de personnes étaient rassemblées devant la préfecture d'Ille-et-Vilaine
Plus d'une centaine de personnes étaient rassemblées devant la préfecture d'Ille-et-Vilaine © Radio France - Morgane Heuclin-Reffait

Saint-Gilles, France

Ils étaient plus d'une centaine à se rassembler devant la préfecture d'Ille-et-Vilaine samedi après-midi pour protester contre l'extension de la ferme de la famille Jouet, à Saint-Gilles, près de Rennes. La préfecture a validé en septembre dernier l'extension de leur élevage, qui va ainsi passer de 500 à 800 veaux. Inacceptable pour l'association L-PEA, organisatrice de ce rassemblement : "les veaux arrivent dans cette ferme environ une semaine après leur naissance, pour y être engraissés pendant plusieurs mois. Ils sont maintenus dans des cases collectives, avec 1,5 mètre carré par veau, explique Laurence Volbart, membre de l'association et porte-parole de la manifestation. L'association indique par ailleurs que le bétail serait né en Pologne, car l'éleveur travaillerait d'après elle avec une multinationale néerlandaise qui se fournit en bétail dans ce pays, mais ce dernier explique que les veaux engraissés dans son exploitation proviennent en réalité d'autres élevages de la région Bretagne.

Des conditions d'élevage qui font débat

"On parle de 800 veaux, mais en réalité ils seront bien plus nombreux avec le turn-over, puisqu'ils repartent au bout de 6 à 8 mois" explique Laurent, membre de L-PEA :

"C'est un massacre, car les veaux sont enlevés à leurs mères à peine nés et ils partent immédiatement pour l'engraissement

"Ces veaux sont nourris avec du lait en poudre et volontairement anémiés pour que la viande reste blanche" s'insurge Laurence Volbart. Du côté de l'élevage, on réfute cette accusation. Sébastien Sachet, responsable veaux de boucherie chez les jeunes agriculteurs de Bretagne, s'exprime au nom de l'éleveur. Il assure que "la nourriture est gérée de façon à ce que les veaux se portent bien". Quant à la sur-médication du bétail dénoncée samedi par les manifestants, "pour limiter les infections récurrentes", Sébastien Sachet se montre transparent : "on ne va pas dire qu'on consomme zéro antibiotiques, mais il n'y a pas de sur-médication. Ce n'est pas parce que les veaux vivent en collectif qu'on en consomme plus. La filière boucherie en France a déjà diminué la consommation d'antibiotiques de 35%".

Les manifestants sont venus avec leurs pancartes - Radio France
Les manifestants sont venus avec leurs pancartes © Radio France - Morgane Heuclin-Reffait

Quel impact sur l'environnement ?

"Si tout le monde arrêtait de manger de la viande, on sauverait la planète. On consomme énormément de terres et d'eau pour élever les ovins et bovins", indique Laurent. Comme d'autres manifestants, il s'inquiète des conditions d'épandage du lisier dans le secteur de la ferme à Saint-Gilles, d'autant que "depuis un décret de 2016, il suffit d'une consultation publique sur les conséquences pour valider l'extension des élevages jusqu'à 800 veaux" explique Laurence Volbart.

Pour être validé par la préfecture, "le projet de la famille Jouet a du passer par plusieurs études concernant l'impact de l'extension" relativise Sébastien Sachet :

Le lisier sera stocké dans les champs et épandu sur 50 hectares. La production d'azote organique due aux veaux correspond à 50% des besoins des cultures.

En termes de production d'azote ajoute-t-il, "un élevage de 800 veaux correspond à celui de 50 vaches laitières".