Agriculture – Pêche

Fièvre catarrhale : le Conseil départemental de Côte-d'Or veut éviter le blocage

Par Arnaud Racapé, France Bleu Bourgogne lundi 12 octobre 2015 à 19:50

La fièvre catarrhale bloque la vente et l'exportation des bêtes en Côte-d'Or
La fièvre catarrhale bloque la vente et l'exportation des bêtes en Côte-d'Or © Maxppp

Les élus du Conseil départemental de Côte-d'Or ont voté à l'unanimité lundi la prise en charge d'une partie des frais d'analyses destinées à dépister la fièvre catarrhale ovine au sein des cheptels.Le blocage s'organise pour les éleveurs, malgré l'absence de cas avérés dans le département.

Le principe de précaution fonctionne à plein en ce moment avec la résurgence de la fièvre catarrhale ovine (FCO) dans 9 départements français. Après la confirmation de deux cas dans la Nièvre et plus récemment en Saône-et-Loire, les trois quarts du département de Côte-d'Or ont été placés en zone de protection, le dernier quart étant placé en zone de surveillance. Concrètement, cela signifie que "les ruminants y sont soumis à des restrictions de mouvements", précise la préfecture. Par ailleurs, des tests sont nécessaires pour prouver la bonne santé des bêtes : deux prises de sang à deux semaines d'intervalle, et au total un mois pour obtenir les résultats. 

Au 5 octobre, une large partie de la Côte-d'Or se situe en zone de protection - Radio France
Au 5 octobre, une large partie de la Côte-d'Or se situe en zone de protection © Radio France - Préfecture de Côte-d'Or

En attendant, le blocage

Marc Frot, le président de la commission agricole du Conseil départemental, précise : "dans la région ça devient quand même important. La conséquence c'est le blocage des cheptels dans un rayon de 150 km autour des foyers : or comme ces foyers sont disséminés un peu partout, en ce moment presque toute la Côte-d'Or est en zonage 'à risques', c'est-à-dire normalement sans possibilité d'exporter ni de vendre de bêtes. La fièvre catarrhale n'a aucune conséquence sur les humains seulement c'est une maladie grave réputée infectieuse, donc ça ne bouge plus. Donc tous ceux qui vendent en Italie, ou même en boucherie, n'ont pas le droit de vendre s'ils ont un cas suspect dans leur ferme."

Marc Frot : "la situation se complique dans la région"

Campagne de vaccination

 L'Etat a déjà lancé à la mi-septembre une campagne de vaccination : plus de 2 millions de doses mises à dispositions sur le plan national, et près de 37.000 doses en cours de distribution selon la préfecture de Côte-d'Or. De leur côté, les élus du département ont voté à l'unanimité ce lundi la prise en charge de la moitié du coût des analyses, comme l'explique François Sauvadet le président du Conseil départemental.

"Aujourd'hui on ne peut plus exporter un bovin vivant ni le transporter, donc on attend les négociations avec l'Italie qui sont en cours pour savoir si on va pouvoir à nouveau exporter les animaux. On a déjà prévu avec le laboratoire départemental des vaccins en nombre suffisant. Et à l'unanimité, nous avons convenu que nous prendrions à notre charge une partie des coûts, notamment des prises de sang qui sont imposées à nos éleveurs, et j'ai indiqué que je serais prêt à revoir le dispositif en fonction de l'évolution de la situation."

François Sauvadet veut agir pour éviter le blocage

  • Rappels utiles sur la FCO :

Maladie virale transmise par des moucherons, elle est apparue en France pour la première fois en 2000. Elle touche essentiellement les ovins et est associée à une forte hyperthermie, à des œdèmes de la face, une raideur des membres, ou encore à une congestion de la mamelle. Chez les bovins et les caprins, également concernés, l'infection est généralement inapparente et les symptômes se limitent à une hyperthermie (fièvre). La marche à suivre pour l'éleveur est la suivante selon les directives de la préfecture : contacter son vétérinaire pour confirmer la suspicion et effectuera le cas échéant les prélèvements nécessaires.

La fièvre catarrhale entraîne une surmortalité chez les bêtes mais aucune transmission à l'homme n'a été détectée à ce jour. Par ailleurs, elle n'affecte en rien la qualité des produits, qu'il s'agisse de la viande ou du lait.