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Agriculture – Pêche

Frappés par des "mortalités d'abeilles record", les apiculteurs manifestent ce jeudi

jeudi 7 juin 2018 à 7:47 - Mis à jour le jeudi 7 juin 2018 à 14:16 Par Géraldine Houdayer, France Bleu

Touchés par des taux de mortalité d'abeilles exceptionnels cette année, les apiculteurs se mobilisent partout en France ce jeudi, pour demander un plan d'urgence au gouvernement. Ils dénoncent l’utilisation des néonicotinoïdes, ces insecticides "tueurs d'abeilles".

Lors d'une manifestation d'apiculteurs à Rennes, le 4 mai dernier.
Lors d'une manifestation d'apiculteurs à Rennes, le 4 mai dernier. © AFP - Damien MEYER

Les apiculteurs français se mobilisent ce jeudi pour réclamer un plan de soutien exceptionnel et un "environnement viable pour les colonies d'abeilles", alors qu'ils sont frappés par des "mortalités d'abeilles catastrophiques" depuis la sortie de l'hiver. 

Des manifestations partout en France 

Des apiculteurs se réunissent ce jeudi matin à Paris, place des Invalides. D'autres rassemblements ont lieu à Laon, Strasbourg, La Rochelle, Périgueux, Quimper, Rennes, Tours et Lyon. "Ce même jour, dans d'autres départements comme le Puy-de-Dôme, les Côtes-d'Armor, le Morbihan ou la Loire-Atlantique, les apiculteurs seront reçus en délégation par les préfets", précise un communiqué publié mardi.

En Bretagne, 20.000 colonies d'abeilles mortes cet hiver 

"Cette année est vraiment record en terme de mortalité dans notre secteur", a déploré Loïc Leray, apiculteur en Loire-Atlantique et vice-président de l'Union nationale de l'apiculture française (Unaf), à l'origine du mouvement avec trois autres organisations apicoles et la Confédération paysanne. La Bretagne par exemple, où 20.000 colonies d'abeilles sont mortes cet hiver, est particulièrement touchée. Mais "c'est quasi-général" à travers la France, a assuré Gilles Lanio, président de l'Unaf, joint par l'Agence France Presse. 

Les insecticides "tueurs d'abeilles" en cause 

Avant la mise sur le marché des néonicotinoïdes, ces insecticides "tueurs d'abeilles" dans les années 1990, les ruches enregistraient une mortalité à la sortie de l'hiver de l'ordre de 3 à 5%, selon Loïc Leray. Mais cette année les pertes ont pu monter à 60%, voire 90% du cheptel dans certains cas, estime-t-il. "C'est un gros choc de voir notre cheptel mort", poursuit l'apiculteur, qui juge que le gouvernement n'a pas réalisé l'ampleur du phénomène. 

Les apiculteurs demandent un plan d'urgence à Emmanuel Macron 

Pour soutenir le secteur, les organisations apicoles s'adressent directement à Emmanuel Macron. Ils lui demandent "de déclencher de toute urgence un plan de soutien exceptionnel aux apiculteurs sinistrés" et de "restaurer un environnement viable pour les colonies d'abeilles et les pollinisateurs", notamment en luttant contre les néonicotinoïdes qui s'attaquent au système nerveux des insectes et désorientent les pollinisateurs, contribuant au déclin spectaculaire des colonies d'abeilles. Ces substances touchent aussi des invertébrés terrestres et aquatiques et persistent dans l'eau et les sols.

Les néonicotinoïdes bientôt interdits 

En France, la loi sur la biodiversité de 2016 prévoit l'interdiction des néonicotinoïdes à partir du 1er septembre 2018, avec des dérogations possibles au cas par cas jusqu'au 1er juillet 2020. Au niveau européen, trois néonicotinoïdes - clothianidine, thiaméthoxame et imidaclopride - seront interdits à compter de décembre dans toutes les cultures en plein champ.

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