Agriculture – Pêche

Intempéries sur les vignobles de Fronton : "On n'avait pas vu ça depuis 1956"

Par Nolwenn Quioc, France Bleu Toulouse samedi 1 juillet 2017 à 20:56

Les rangs exposés à l'Est ont été particulièrement  touchés par la grêle
Les rangs exposés à l'Est ont été particulièrement touchés par la grêle © Radio France - Nolwenn Quioc

Deux aléas climatiques qui détruisent la récolte la même année, c'est un événement extrêmement rare. C'est pourtant ce qui s'est passé cette année, avec des gelées noires en avril et un violent orage de grêle mardi dernier. La cuvée 2017 du Fronton est menacée.

Après le gel, la grêle. Les vignerons de la région de Fronton ont encore du mal à réaliser les conséquences du violent orage qui s'est abattu sur la majeure partie du Frontonnais mardi après-midi. "L'orage est arrivé plein Est" raconte un producteur.

"Comme un mur noir qui s'avançait" - Un vigneron du Frontonnais

"Il faut imaginer qu'on avait un mur noir qui s'avançait. De ce côté du rang,**toutes les feuilles sont trouées, déchiquetées, arrachées"**. Et sans feuilles, pas de raisin, puisque ce sont elles qui font la photosynthèse. "Les grains de raisin sont fortement abîmés et les sarments sont nécrosés et fragilisés. Ils demanderont beaucoup plus de vigilance quand nous travaillerons la vigne l'hiver prochain."

Le travail de l'année anéanti

Il faut désormais panser les plaies, et aider les sarments à cicatriser, en espérant un temps plus sec et venteux dans les prochains jours. Mais pour beaucoup, c'est le travail de toute une année qui a été anéanti.

Chez Marc Penavayre, à Vacquiers, un tiers de la récolte a été détruite cette semaine. Il avait déjà perdu la moitié du vignoble lors des gelées noires d'avril. "Ca fait 28 ans que je suis installé, et c'est la première fois que je subis ça. Il faut un début à tout", relativise le vigneron. "Notre métier est un métier où la nature peut nous donner beaucoup de bonnes surprises, et parfois des mauvaises surprises. Il va falloir se serrer la ceinture, en espérant que le millésime suivant sera bon."

"Rien ne dit que les bouteilles de Fronton 2017 ne seront pas bonnes, mais une chose est sûre : elles seront rares !" Marc Penavayre, producteur de Fronton à Vacquiers

Heureusement, les millésimes 2015 et 2016 étaient plutôt bons, et devraient permettre de limiter la casse au niveau financier. Mais ce sont des investissements qui vont devoir être reportés, détaille notre premier vigneron. "On goûtera tout de même des 2017, continue Marc Penavayre. S'ils sont rares, rien ne dit qu'ils ne seront pas bons. Mais une chose est sûre ils seront rares !"

Près de 60% de la récolte détruite cette année

Des propos confirmés par Benjamin Piccoli, directeur de la maison des vins de Fronton : "Tout le vignoble a été touché, à des degrés divers. La récolte 2017 ne devrait pas excéder 40 à 50% d'une récolte habituelle", soit 30 000 hectolitres de Fronton produits, contre 65 000 une année habituelle. Mais les vignerons insistent sur un point : pour soutenir la production, l'important est de continuer à acheter du Fronton, car les cuvées 2015 et 2016 sont, elles, bien présentes dans les rayons.