Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

Glyphosate : quelles pratiques chez les agriculteurs du Nord-Pas-de-Calais ?

-
Par , France Bleu Nord

Après la décision de justice rendue aux Etats-Unis, la bataille autour du glyphosate est engagée. Monsanto a été condamné à payer 290 millions de dollars à un jardinier américain, atteint d'un cancer après avoir utilisé du Round Up. Ce désherbant est-il très utilisé dans le Nord-Pas-de-Calais ?

Deux agriculteurs nordistes utilisateurs du glyphosate, à Richebourg et Essars
Deux agriculteurs nordistes utilisateurs du glyphosate, à Richebourg et Essars © Radio France - Cécile Bidault

La décision de justice a été rendue samedi 11 août aux Etats-Unis : un jardinier américain fait condamner Monsanto, le géant des semences et des produits phytosanitaires, à l'indemniser, à hauteur de 290 millions de dollars. L'homme a en effet utilisé du glyphosate, un puissant désherbant commercialisé le plus souvent sous le nom de Round-Up.

Le glyphosate massivement utilisé dans notre région

Dans les Hauts-de-France, l'immense majorité des agriculteurs utilisent ce désherbant pour venir à bout des mauvaises herbes comme les chardons ou le chiendent. Ils seraient près de 85% selon les chiffres officiels.

Christian Durlin, vice-président du syndicat agricole FDSEA dans le Pas-de-Calais est agriculteur à Richebourg, entre Lille et Béthune, et il est de ceux-là. Il cultive des oignons et des légumes pour boîtes de conserve. Il revendique l'utilisation du glyphosate, qu'il pulvérise sur ses parcelles avant de planter : "Je ne connais pas d'agriculteurs qui n'en utilisent pas. Le glyphosate permet d'apporter une production de qualité, à un prix restreint. En France, contrairement aux Etats-Unis, on n'utilise que quelques litres à l'hectare. En sachant qu'on le pulvérise avant l'implantation de la plante, on ne traite jamais la culture."

Lorsqu'il pulvérise du glyphosate, il s'équipe, combinaison, gants et masque de protection. Tout comme son collègue, producteur d'endives à Essars, Philippe Brehon, qui se dit "pas vraiment inquiet" pour sa santé. "On utilise le glyphosate de manière professionnelle", précise-t-il. Les deux agriculteurs sont d'accord pour dire que le glyphosate est indispensable à leur compétitivité.

Consignes affichées sur le local où Christian Durlin stocke ses produits phytosanitaires
Consignes affichées sur le local où Christian Durlin stocke ses produits phytosanitaires © Radio France - Cécile Bidault

Si on ne peut pas se passer de glyphosate, c'est qu'on a mal travaillé en amont."

Mais à moins de vingt kilomètres de là, à Wavrin, Benoît Canis tient le discours inverse. Pionnier de l'agriculture biologique, le gérant de Vert' Tige, maraîcher bio depuis trente ans, s'occupe en ce moment du désherbage de ses poireaux, aux prises avec le galinsoga, une mauvaise herbe. Les cinq salariés utilisent des bineuses électriques, et de la bonne vieille huile de coude, à la main, genoux à terre. "Si on ne peut pas se passer de glyphosate, c'est qu'on a mal travaillé en amont", avance Benoît Canis, "c'est qu'on a voulu en faire trop, qu'on n'a pas maîtrisé son environnement, son écosystème."

Benoît Canis, gérant de Vert' Tige à Wavrin
Benoît Canis, gérant de Vert' Tige à Wavrin © Radio France - Cécile Bidault

Alors bien sûr les échelles ne sont pas les mêmes, les tailles des exploitations sont différentes. "Il faut arrêter de courir après le quantitatif, le court-terme, et repenser sur du long-terme et du qualitatif", conclut Benoît Canis.

Choix de la station

À venir dansDanssecondess