Agriculture – Pêche

Grâce à une "aide au répit", les agriculteurs surmenés ont aussi droit aux vacances

Par Virginie Salanson et Lionel Cariou, France Bleu Isère et France Bleu lundi 10 juillet 2017 à 12:35

Ce dispositif a déjà permis à 44 agriculteurs d'Isère, de Savoie et de Haute-Savoie de partir en vacances.
Ce dispositif a déjà permis à 44 agriculteurs d'Isère, de Savoie et de Haute-Savoie de partir en vacances. © Maxppp -

Des agriculteurs isérois vont partir en vacances pour la première fois cette année grâce à une aide exceptionnelle, débloquée par le gouvernement Valls. Cette enveloppe de quatre millions d'euros finance des remplaçants et permet aux agriculteurs de quitter leur exploitation quelques jours.

En octobre dernier, le gouvernement Valls a débloqué quatre millions d'euros (100.000 pour l'Isère et les deux Savoies) pour permettre aux exploitants de souffler un peu. Cette "aide au répit" est gérée par la MSA, la Mutualité sociale agricole des Alpes du Nord. Elle regroupe l'Isère, la Savoie et la Haute-Savoie.

"Partir en vacances ? On n'arrive déjà pas à se payer un salaire !

Il y encore quelques mois, partir en vacances était quasiment inenvisageable pour Hugues Charpentier "quand on doit payer quelqu'un pour nous remplacer c'est tout de suite presque 200 euros alors que nous on travaille et on arrive déjà pas à se payer un salaire" déplore-t-il.

Quatre jours de remplacement

Quand il s'est retrouvé confronté à des problèmes familiaux, la MSA lui a proposé de souffler en lui payant un remplaçant pendant quatre jours. Hugues Charpentier en a profité pour se rendre au mariage de son neveu, en Bretagne. "Ça m'a iodé un peu et ça m'a permis de vivre un long week-end avec les enfants. Le changement d'air, le fait de savoir que les animaux étaient bien gardés, pour moi c'était le cadeau du ciel."

Ces quatre jours, pour moi, ça a été un cadeau du ciel

44 agriculteurs de l'Isère et des Savoies ont bénéficié de ce dispositif qui a vise aussi à prévenir certains risques comme le souligne Marie-Paul Le Guen, responsable de l'action sociale : "c'est une prévention santé parce que ça va permettre d'être moins stressé, or le stress engendre des maladies cardio-vasculaire et parfois même des dépressions dans les cas les plus graves".

Risques dus au stress

Jusqu'à présent, 321 jours de remplacement ont été financés, soit la moitié du budget disponible. À noter que sans cette aide de la MSA, un agriculteur, en Isère, doit aujourd'hui payer 128 euros par jour s'il veut utiliser le service de remplacement.