Agriculture – Pêche

Grippe aviaire dans les Landes : ce qu'il faut savoir

Par Leila Benjelloun, France Bleu Gascogne mercredi 14 décembre 2016 à 19:20

Les autorités sanitaires désinfectent l'élevage contaminé d'Eugénie Les Bains
Les autorités sanitaires désinfectent l'élevage contaminé d'Eugénie Les Bains © Maxppp -

Les Landes sont de nouveau touchées par le virus de la grippe aviaire. La contamination d'un élevage de canards à Eugénie-les-bains a été confirmée par le ministère de l'agriculture ce mercredi. Un autre cas est fortement suspecté à Lussagnet. France Bleu Gascogne vous propose de faire le point.

La grippe aviaire gagne le Sud-Ouest, avec de nouveaux cas avérés ce mercredi, dans les Landes et dans les Pyrénées-Atlantiques. Selon le ministère de l'Agriculture, 19 foyers d'infection en exploitations agricoles et deux foyers touchant la faune sauvage sont déclarés à ce jour en France. Dans les Landes, la contamination de 1.550 canards d'Eugénie-les-Bains par l'influenza aviaire H5N8 a été confirmée ce mercredi. Un deuxième foyer, à Lussagnet, est fortement suspecté, suspicion qui mène à l'abattage de 900 canards.

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France Bleu Gascogne vous propose de faire le point sur ce que l'on sait de ce virus et de ses conséquences.

Le virus de la grippe aviaire est-il dangereux pour l'homme ?

Pour l'instant, il n'est pas dangereux car il n'est pas transmissible à l'homme. On ne risque donc rien si on mange un animal contaminé.

Cependant, si les autorités sont particulièrement vigilantes et impliquées dans la lutte contre la grippe aviaire, c'est parce qu’il y a un risque de mutation du virus. Si le virus H5N8 n'est pas controlé, contenu et surveillé, le virus peut muter. Il pourrait alors devenir dangereux et même mortel pour l'homme.

Grippe aviaire : qu'est-ce que c'est ? - Visactu
Grippe aviaire : qu'est-ce que c'est ? © Visactu

Quelle est la différence avec la crise aviaire de l'année dernière ?

Il s'agit du même virus mais pas de la même souche. Cette fois, on parle de H5N8. L'an dernier, 7 souches différentes avaient été identifiées en France mais il n'y avait pas de virus H5N8. Les différents virus détectés l'hiver dernier étaient moins contagieux mais les signes cliniques étaient aussi moins visibles. Il était en effet difficile de constater si son canard était malade ou pas. C'est pour ça qu'il a fallu finalement en arriver au vide sanitaire : l'euthanasie de tous les canards pour éradiquer le virus

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Cette fois, les symptômes sont quasi immédiats : les canards perdent l'appétit, ils meurent vite et en nombre. On s'aperçoit donc rapidement de la présence du virus dans un élevage.

CARTE | Retrouvez tous les cas avérés de grippe aviaire dans la carte ci-dessous. N'hésitez pas à zoomer (en utilisant les boutons + et -) ou à vous déplacer sur la carte. Vous pouvez aussi rechercher une commune en utilisant la loupe.

Pourquoi les mesures de sécurité prises par les autorités sont plus drastiques que l'an dernier ?

Depuis le vide sanitaire, les élevages landais étaient indemnes du virus. Il est arrivé en France, le mois dernier par le biais de la faune sauvage d'abord puis dans des élevages. Depuis ce mercredi 14 décembre, les Landes sont officiellement touchés : un cas avéré à Eugénie les Bains et une forte suspicion à Lussagnet. L'enjeu c'est donc que le virus ne se propage à l'ensemble du département.

Les autorités ont donc décidé d'interdire le transports des oiseaux, qu'ils soient morts ou vivant. Ça concerne toutes les communes situés dans un rayon de 10 km autour des foyers de grippe aviaire, avéré ou suspecté. La stratégie est d'éradiquer le virus là où il se trouve et surtout qu'il ne circule pas. Les canards et les volailles ne peuvent donc plus quitter leur exploitation pour être livrés à des clients ou conduits à l'abattoir.

Que vont devenir ces oiseaux immobilisés dans les élevages ?

Une réflexion est en cours. Les enjeux sont difficiles. Concernant les chapons de Noël ou les canards gras en fin de cycle, si le périmètre sanitaire n'est pas levé rapidement, il faudra les abattre, dans leur exploitation.

Pire encore, si les analyses réalisées à la fin de la période d'incubation du virus montrent qu'un autre élevage a été contaminé, tous les animaux de la zone de contrôle sanitaire pourraient être abattus, sains ou malades. Ça représente des dizaines de milliers d'oiseaux. Techniquement, l'opération est ardue voire impossible : il faudrait abattre plusieurs dizaines de milliers d'oiseaux sans pouvoir les conduire jusqu'à un abattoir. Les autorités précisent d'ailleurs qu'aucun abattoir landais ne se trouve dans ce fameux périmètre sanitaire.

Y aura-t-il du chapon, de la dinde ou du foie gras à Noël ?

La production est en baisse en cette fin d'année. La cause n'est pas à trouver dans la crise actuelle mais dans l'épisode de grippe aviaire de l'hiver dernier et le vide sanitaire qui a suivi.

En revanche, pour les volailles, c'est différent. Les volailles de Noël sont élevées en ce moment. Si le virus s'est propagé, les oiseaux des élevages situés dans le périmètre sanitaire seront donc abattus. Ailleurs, les éleveurs peuvent continuer à travailler et vendre leurs volailles normalement SAUF si d'ici Noël, le virus passe le barrage du périmètre sanitaire.

Les Landes comptent 4000 élevages de canards et de volailles. 750 exploitations sont concernées par le périmètre sanitaire.