Agriculture – Pêche

Grippe aviaire en Dordogne : "les politiques veulent-ils notre mort ?", se demandent les Jeunes Agriculteurs

Par Antoine Balandra, France Bleu Périgord lundi 18 janvier 2016 à 17:51

Des canards en cours de gavage à Terrasson
Des canards en cours de gavage à Terrasson © Radio France - Antoine Balandra

Le vide sanitaire d'accord, à condition qu'il éradique le virus et pas nous. Voilà en substance le message des Jeunes Agriculteurs de Dordogne. Ils demandent ce lundi à l'Etat de véritables aides qui leur permettent de surmonter cette crise et se posent des questions.

"Politiques, voulez-vous notre mort ?" C'est le coup de gueule des jeunes agriculteurs de Dordogne,  en pleine crise sanitaire liée à la grippe aviaire.

Le syndicat dit comprendre la nécessité d'un vide sanitaire autour de l'élevage de canards et d'oies. Mais il se demande s'il permettra VRAIMENT d'éradiquer la maladie.

Et surtout, les Jeunes Agriculteurs s'inquiètent des pertes qu'ils disent colossales dans la filière palmipèdes gras à cause de cette interruption de la production.

Des canards en cours de gavage à Terrasson - Radio France
Des canards en cours de gavage à Terrasson © Radio France - Antoine Balandra

Mais aussi tout autour de la filière, que ce soit pour les accouveurs ou les abattoirs. Ils estiment les pertes liées au chômage technique de 6 mois imposée par les autorités à 300 millions d'euros de perte. Depuis le début de la crise sanitaire, 13 foyers de grippe aviaire ont été détectés en Dordogne.

Eric Sourbet est gaveur et transformateur de canards au Lardin Saint Lazare. Le 12e foyer détecté en Dordogne l'a été dans son élevage de canards. Il a dû faire abattre préventivement 500 bêtes et doit respecter un vide sanitaire de 60 jours. Du coup, sa production est à l'arrêt quasiment jusqu'à début juin. Une double peine qui s'ajoute à la douleur de perdre sa production:

Le désarroi d'un gaveur touché par la grippe aviaire

Des pertes, beaucoup de pertes, c'est ce à quoi se prépare Romain Pastourie, jeune gaveur de 27 ans installé à La Dornac, tout près de Terrasson:

Romain Pestourie éleveur à La Dornac s'attend à de grosses difficultés

"J'ai 27 ans, une maison à rembourser, un enfant en bas-âge, je suis comme tout le monde, j'ai besoin d'argent pour vivre" explique cet éleveur

Des victimes collatérales 

Et les éleveurs soulignent que le vide sanitaire qui leur est imposé aura de lourdes conséquences sur toute la filière. Les abattoirs, ou les entreprises de transports risquent de souffrir de l'arrêt de l'activité gavage.

Les éleveurs se demandent enfin pourquoi les particuliers qui possèdent quelques canards ne sont pas soumis aux mêmes règles strictes de vide sanitaire. Enfin il s'interrogent sur le contrôle des oiseaux migrateurs, de la faune sauvage, car ces animaux aussi peuvent être vecteur de transmission du virus.

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