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Grippe aviaire : l'abattage préventif de 40.000 canards a commencé dans les Landes

- Mis à jour le -
Par , , France Bleu Gascogne, France Bleu

Un abattage massif de palmipèdes est en cours ce jeudi 24 décembre 2020 dans le sud des Landes, en Chalosse, épicentre de la production de canards gras. Il s'agit de tenter de stopper la propagation du virus H5N8, après la découverte de deux foyers d'Influenza aviaire dans le secteur.

Des gendarmes surveillent l'accès d'un élevage de canards dans les Landes après une suspicion d'influenza aviaire.
Des gendarmes surveillent l'accès d'un élevage de canards dans les Landes après une suspicion d'influenza aviaire. © Maxppp - Arnauld Bernard

Après la confirmation cette semaine de la présence du virus H5N8 dans un élevage de Sort-en-Chalosse et un autre à Bergouey, décision a été prise d'abattre préventivement plusieurs dizaines de milliers d'animaux, pour tenter d'endiguer la propagation du virus. 

40.000 canards vont être abattus dans les prochains jours, selon le Modef des Landes, le Mouvement de Défense des Exploitants Familiaux, deuxième syndicat agricole dans le département, qui tenait une conférence de presse ce jeudi. Des abattages préventifs qui concernent même les élevages sains, jusque là ces abattages avaient lieu dans des élevages où le virus était entré.  

L'abattage a commencé ce mercredi, dans un périmètre d'un kilomètre autour des deux foyers d'influenza aviaire, "les exploitations dépeuplées étaient celles qui avaient des animaux dehors", explique Marie-Hélène Cazaubon, la présidente de la Chambre d'Agriculture des Landes, par ailleurs éleveuse de canards à Montousé . La zone est étendue ce jeudi à trois kilomètres

Une stratégie adaptée à la Chalosse

Dans un communiqué, la préfecture des Landes explique : "Des mesures de protection sanitaire sont prises à chaque fois pour prévenir toute diffusion du virus au-delà du foyer en zone d’élevage peu dense : abattage des animaux de l’élevage touché , désinfection du site, interdiction des mouvements de volailles dans l’environnement proche du foyer et surveillance autour du foyer. Cependant, cette stratégie, qui a été efficace pour limiter la propagation du virus en zone d’élevage peu dense, n’est pas suffisante en cas de contamination de plusieurs élevages dans une zone dense d’élevage de canards et de volailles. C’est pourquoi la contamination récente de deux élevages de canards situés dans les Landes au cœur de la Chalosse, un territoire à forte densité avicole, a nécessité d’adapter la stratégie de prévention de la maladie afin d’éviter au maximum du possible une forte propagation du virus."

Les abattages ont donc commencé dans un rayon d'un kilomètre autour des deux foyers identifiés. Dans ce périmètre, tous les élevages de canards sont concernés, mais aussi toutes les volailles qui ne sont pas claustrées, y compris les poules des particuliers. C'est aux maires qu'il revient de prévenir les habitants avec une basse cour. 

Une deuxième zone, englobant la première, est établie dans un rayon de trois kilomètres, 11 communes. Seuls les élevages de canards, particulièrement sensibles au virus H5N8, vont être abattus dans leur totalité. L'abattage devrait prendre une semaine, selon nos informations, que les animaux aient été claustrés ou non,  qu'il y ait le virus ou non sur l'exploitation. En Chalosse, il existe beaucoup de petites structures, mais une forte densité avicole. C'est ce qui pousse les autorités à mettre en place cette barrière sanitaire, pour "éviter au maximum du possible une forte propagation du virus".

Les zones de surveillance, mises en place depuis la confirmation des deux foyers d'influenza aviaire à Sort-en-Chalosse et Bergouey, sont maintenues. Tous les canards doivent être mis à l'abri, ainsi que les autres volailles dans 55 communes. 

Eviter à tout prix la propagation du virus H5N8

Après l'épisode de 2016/2017, qui avait vu l'abattage de 600.000 canards, c'est un nouveau très gros  traumatisme reconnaît Marie-Hélène Cazaubon, présidente de la Chambre d'Agriculture des Landes, elle même éleveuse de canard à Montousé : "On est dans la prévention, on veut aller plus vite que le virus. Faire une barrière sanitaire en éliminant les animaux dans un rayon de 3km permettra, c'est ce que nous espérons, mais qui a de grandes chances d'aboutir, d'éviter une diffusion du virus au delà de ces zones là."

Ce qui est en jeu, c'est sauver la Chalosse d'une diffusion du virus - Marie-Hélène Cazaubon

Marie-Hélène Cazaubon veut rester optimiste malgré tout. Il y a quatre ans, cette barrière sanitaire avait été mise en place oui, mais "beaucoup trop tardivement. Les premiers dépeuplement avaient été faits début janvier, puis il s'était passé plus d'un mois avant de reprendre le dépeuplement sur la zone de Chalosse, qui du fait de la météo s'était retrouvée prise dans le virus. Là, il avait fallu aller très vite. Aujourd'hui, on parle de 6 foyers. En 2016/2017, nous étions à 300 foyers. Imaginez la différence et les mesures que l'on prend pour circonscrire. Vraiment je comprends les producteurs qui vont être appelés par la DDCSPP pour leur annoncer qu'ils sont dans la zone de dépeuplement, _ça va être très très dur à vivre_. Tout est fait pour être à leurs côtés." Les abattages lors de la deuxième crise aviaire avaient eu lieu, "nous étions totalement dépassés par la diffusion du virus. Aujourd'hui, nous ne sommes pas du tout dans ce cas là." 

Le Modef dénonce l'abattage préventif

La contamination "ne s'arrêtera pas", cet abattage préventif "est un coup d'épée dans l'eau", estime Serge Mora, le président du Modef dans les Landes, syndicat agricole représentant les petits exploitants. Le Modef réclame un abattage seulement des bêtes malades : "Les agriculteurs veulent vivre de leur travail", dit M. Mora. "Je vois le scénario de 2017, on va tout dépeupler et on va avoir des exploitants sans activité pendant sept, huit ou neuf mois", craint-il. "C'est l'abattement, du désespoir, c'est la troisième crise en 5 ans, les gens sont à cran, c'est très difficile à vivre d'un point de vue psychologique."

Le Modef appelle à manifester samedi à 10h devant la préfecture des Landes à Mont-de-Marsan.  

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