Agriculture – Pêche

Grippe aviaire : la production de canards va baisser de 30% cette année

Par Axelle Labbé, France Bleu Béarn et France Bleu jeudi 28 janvier 2016 à 18:20

La coopérative agricole Euralis à Lescar
La coopérative agricole Euralis à Lescar © Radio France - Axelle Labbé

Euralis fait ses comptes après l'annonce des mesures de lutte contre la grippe aviaire. Les éleveurs de canards du Sud-Ouest qui travaillent avec la coopérative agricole vont perdre en moyenne 30% de leur production cette année.

Un manque à gagner qui sera en partie compensé par les aides de l'Etat, mais qui va forcément avoir des répercussions. Sur le site de production de foie gras Euralis de Maubourguet, dans les Hautes-Pyrénées, 300 des 500 salariés pourraient se retrouver au chômage technique pendant plusieurs semaines. Et le manque de canards induit par la mise en place du vide sanitaire, c'est à dire l'arrêt de la production, ne sera pas rattrapable. 

Cela signifie que les prix vont augmenter : il n'y a pas assez de stocks pour approvisionner les rayons jusqu'à Noël, et impossible d'importer des foie ou des magrets des pays de l'Est par exemple, puisque les canards produits chez nous sont labellisés "indication géographique protégée". Moins de palmipèdes donc, et des coûts de production qui vont également certainement augmenter, parce qu'il est fort probable que de nouvelles mesures de bio-sécurité soient mises en place à l'issue de la crise, par exemple le nettoyage systématique des roues des camions, des accès à la ferme différents pour les animaux vivants et l’équarrissage. Tout cela coûte cher, et là aussi ça fera monter les prix.

En fait, quand tout cela sera derrière eux, les éleveurs vont sans doute devoir réfléchir à de nouveaux modèles de production : en limitant le transport des canetons par exemple, ou en évitant de combiner canards et poulets sur une même exploitation pour freiner la transmission du virus. Quand la crise sera terminée, c'est toute la filière palmipède qui pourrait se remettre en question.

Les projets personnels, on va les mettre de côté - Joël Sartolou, éleveur

En attendant, il faut faire le dos rond et attendre les aides promises par le ministre de l'agriculture, Stéphane Le Foll. À Lay Lamidou, près de Navarrenx, Nadège et Joël Sartolou élèvent plus de 20 000 canards par an. Ils viennent d'investir 80 000 euros dans une canetonière qui n'a toujours pas vu le moindre caneton et qui va rester vide pendant cinq mois. 

Nadège et Joël Sartolou sur leur exploitation - Radio France
Nadège et Joël Sartolou sur leur exploitation © Radio France - Axelle Labbé

"On aura des emprunts à régler, et les charges fixes comme l'électricité, l'eau et les assurances. Sans rentrée d'argent, raconte Joël Sartolou. Les charges du couple s'élèvent à 5000 euros par mois. "L'exploitation sera vide normalement le 25 mars. Et les canards qu'on recevra en juin n'arriveront en engraissement que trois mois après. Et le règlement n'arrivera qu'en septembre". 

Joël Sourtoulou

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