Agriculture – Pêche

Grippe aviaire : le transport de palmipèdes interdit dans tout le 64 et le 40

Par Jeanne-Marie Marco et Fanette Hourt, France Bleu Béarn, France Bleu Pays Basque et France Bleu samedi 14 janvier 2017 à 11:16

Une exploitation touchée par la grippe aviaire
Une exploitation touchée par la grippe aviaire © AFP - Pascal Pavani

Les Pyrénées-Atlantiques et les Landes annoncent le gel temporaire de tous déplacements de palmipèdes en raison de zones d'infection pas encore stabilisées. La grippe aviaire touche ces deux départements.

Voilà encore une mesure qui va faire du mal aux éleveurs béarnais, basques et landais. De nouveaux résultats reçus ce vendredi sur des lots de canards provenant de zones de surveillance des Landes indiquent que les zones d'infection impactant à la fois les départements des Landes et des Pyrénées Atlantiques "ne sont pas stabilisées" explique dans un communiqué la Préfecture du 64.

Depuis le 5 janvier dernier un abattage massif de plus d'un million de canards a été lancé, 187 communes font désormais partie de la zone d'abattage préventif dans quatre départements du sud-ouest touchés par le virus .

Tout transport interdit

Le Préfet des Pyrénées-Atlantiques, en concertation avec le Ministère en charge de l'agriculture et le Préfet des Landes vient de créer par arrêté préfectoral "une zone de contrôle temporaire sur l'ensemble du département dans laquelle les mouvements de palmipèdes sont interdits jusqu'à nouvel ordre". Le Préfet des Landes a pris la même décision pour son département.

Ces décisions ont pour but " de limiter la diffusion du virus dans l'attente de nouvelles mesures qui seront prises en début de semaine prochaine par le Ministère en charge de l'agriculture" explique la préfecture des Pyrénées-Atlantiques.

C'est un système [basé sur le transport] qui est en faillite" Jean-Michel Berho, éleveur de canards.

Il s'agit d'une mesure de bon sens, inévitable pour Jean-Michel Berho, éleveur de canards à Domezain, et membre du syndicat ELB. "Ca fait plus d'un an qu'on le dit", ajoute-t-il. "Les mesures qu'on a mises en place ne s'attaquaient pas au problème, qui est celui du transport des animaux vivants."

Jean-Michel Berho, éleveur de canards.

Dérogation pour certains

Cependant, les éleveurs ayant une dérogation ont le droit de déplacer leurs palmipèdes explique le communiqué de la préfecture des Pyrénées-Atlantiques : " Par dérogation, la mise en gavage et l'envoi à l'abattoir des palmipèdes gavés restent cependant autorisés sous conditions à l'intérieur de cette zone".

Des contrôles sanitaires vont donc devoir être effectués 24 heures avant le déplacement des canards vers leur lieu de gavage ou d'abattage. "Ce sont des contraintes administratives parce que cela complique le quotidien, et ces contrôles ne sont pas gratuits, donc c'est difficile", explique Marie-Pierre Pé, porte-parole du Cifog, le comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras.

Ces mesures sont de nouvelles contraintes pour les éleveurs et les gaveurs.

Ces complications vont d'ailleurs surtout peser sur les gaveurs, qui n'ont pas beaucoup de temps pour abattre leurs bêtes. "On ne peut pas reporter l'abattage de trois jours, parce que les animaux ont besoin d'être abattu rapidement, ou sinon on risque tout simplement de ne pas avoir de foie à la sortie", décrit François Landais, vétérinaire au sein du cabinet Abiopôle.

Pour rappel huit départements français sont concernés par cette nouvelle épidémie H5N8.

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