Agriculture – Pêche

Grippe aviaire : le président du département de la Gironde réclame des mesures plus souples

Par Yves Maugue, France Bleu Gironde jeudi 21 janvier 2016 à 16:35

Jean-Luc Gleyze présentait ses voeux à la presse bordelaise.
Jean-Luc Gleyze présentait ses voeux à la presse bordelaise. © Radio France - Yves Maugue

Jean-Luc Gleyze, le président du Conseil Départemental de la Gironde, a écrit ce jeudi à Stéphane Le Foll. Il réclame un assouplissement des mesures prises dans le sud-ouest pour lutter contre la grippe aviaire afin de préserver les entreprises qui vivent du canard.

Jean-Luc Gleyze présentait ce jeudi ses voeux à la presse au Conseil Départemental de la Gironde. C'était une première pour le président élu au mois de mars 2015. Il a évoqué les difficultés financières des départements, les transferts de compétences vers la Métropole bordelaise et la Région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes. Il a également révélé avoir envoyé un courrier au ministre de l'agriculture Stéphane Le Foll afin de réclamer des mesures plus souples dans la crise de la grippe aviaire. La Gironde fait partie du périmètre concerné par les mesures de restrictions alors qu'aucun cas n'a été détecté dans le département. Jean-Luc Gleyze s'explique pour France Bleu.

France Bleu Gironde : Pourquoi avoir décidé d'écrire au ministre de l'agriculture ?

Jean-Luc Gleyze : La grippe aviaire touche le département de la Gironde et notamment la coopérative Palmagri qui se trouve à Auros. J'ai attiré l'attention du ministre sur le fait qu'il fallait sans doute assouplir la règle. Il y a un vrai principe de précaution qui a été appliqué. Il est légitime et normal puisqu’il y a une crise sanitaire. Mais je crois qu'il peut être assoupli pour permettre des solutions d'approvisionnement en matière première donc en canards pour cette filière de manière à lui permettre quand même de continuer à transformer et à exister.

On travaille pour trouver des solutions assouplies.

Vous demandez que la Gironde sorte du périmètre de restrictions ?

Non, on demande que l'on puisse approvisionner des canards dans des secteurs qui sont largement à l'extérieur du périmètre pour garantir leur bonne qualité sanitaire. Mais je crois que les Landes ou la Dordogne ont de bien plus grandes difficultés que nous sur cette question car ce sont des filières importantes chez eux. On travaille collectivement pour essayer de trouver des solutions assouplies.

Plus globalement, vous parlez de 2016 comme d'une année de transition pour le département de la Gironde. Pourquoi ?

Il y a des lois qui entraînent des modifications des compétences du Département, de la Région et de la Métropole. Ce sont des sujets qui seront mis en place au cours de cette année qui s'annonce donc fluctuante, mouvante. Nous allons avancer progressivement pour être au point en janvier 2017. La loi nous oblige à laisser tomber certaines compétences. A regret notamment sur l'économie où nous avons le dispositif Créagir qui avait été mis en place par Philippe Madrelle (l'ancien président du département, NDLR) il y a une vingtaine d'années et qui a permis la création d'environ 6.000 emplois en vingt ans. C'est une politique qui a fait ses preuves et je trouve dommage que nous l'abandonnions. J'espère que la Région mettra en place un dispositif similaire.

Financièrement, nous ne sommes pas dans le rouge.

La difficulté c'est le temps de la mise en place ?

Oui car la Région a un exécutif qui vient d'être renouvelé et elle n'est pas prête immédiatement. Il va falloir quelques mois de travail. Entre-temps c'est vrai que nos partenaires agricoles et économiques sont inquiets car ils ne savent pas qui va les aider.

Certains départements en difficulté financière pourraient être incapables de payer le RSA, cela vous inquiète ?

Nous ne sommes pas dans le rouge comme certains départements qui connaissent des difficultés pour payer même ce qui est dans leurs compétences obligatoires. Mais nous sommes vigilants car le budget est de plus en plus contraint. Des dotations de l'Etat ne nous sont plus données. Le volume représenté par le RSA est en forte augmentation. Il faut être attentifs. Donc nous pratiquons beaucoup d'économies de gestion, nous contenons l'évolution de la masse salariale et nous avons avons choisi des priorités politiques avant de toucher au levier fiscal sur lequel nous travaillerons en mars. Mais, avant, nous avons souhaiter étudier toutes les autres possibilités.

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