Agriculture – Pêche

Grippe aviaire : les chasseurs de gibiers d'eau privés d'appelants

Par David Valverde, France Bleu Saint-Étienne Loire samedi 10 décembre 2016 à 14:34

Michaël attend la passée du matin.
Michaël attend la passée du matin. © Radio France - Jade Peychieras

Principe de précaution oblige : tant que le risque de grippe aviaire reste "élevé" sur tout le territoire, les chasseurs ne peuvent plus amener leurs appelants, ces canards qui chantent et servent de leurre pour attirer les autres. Rencontre avec l'un de ces chasseurs dans la Loire.

Même s'ils ne sont que trois, dans tout le département de la Loire, à utiliser des appelants vivants, le risque lui, est là, selon les autorité sanitaires. Ce matin, avant l'aurore, Michaël Villard n'a donc pas amené ses "fifilles", comme il les appelle, ses canards appelants, sur les bords du fleuve. "Je m'en occupe toute l'année, je les nourrit, je les vermifuge, je les soigne", énumère-t-il. Alors pas question de prendre le risque de les contaminer.

Pas de canards appelants en ce moment, mais le chien Iris, lui, est toujours à ses côtés, à l'affut. - Radio France
Pas de canards appelants en ce moment, mais le chien Iris, lui, est toujours à ses côtés, à l'affut. © Radio France - Jade Peychieras

Du coup, la chasse aux gibiers d'eau se fera à l'ancienne : "C'est-à-dire qu'on se poste au bord du fleuve, et on attends que des canards passent à portée de tir", explique Michaël. Ce qui n'est pas forcément simple, mais Michaël accepte plutôt bien son nouveau sort : "Je n'ai pas envie de sacrifier la vie de mes appelants pour une partie de chasse, ce serait ridicule et irresponsable".

Le bon chasseur

La pipe et le café, outils indispensables pour se réchauffer en ce matin givré. - Radio France
La pipe et le café, outils indispensables pour se réchauffer en ce matin givré. © Radio France - Jade Peychieras

La responsabilité du chasseur, Michaël la prend particulièrement au sérieux, lui qui est également garde-chasse : "Nous avons un rôle de sentinelle, assure-t-il. Si on retrouve un canard mort, notre rôle est de l'amener aux instances compétentes pour le faire autopsier. Ce sérieux nous permettra de pérenniser les espèces sauvages". Rien n'irrite d'avantage Michaël, d'ailleurs, qu'un chasseur sans conscience de son rôle de régulateur. Lui fait régulièrement des comptages, et sait exactement le nombre de gibiers qu'il peut prélever.

Cet esprit responsable, il aimerait le voir chez tous les chasseurs, surtout en cette période d'épidémie d'influanza aviaire : "Si nous, chasseurs de gibiers d'eau avec appelants, nous ne mesurons pas l'importance de la chose aujourd'hui, à terme nous sommes condamnés. Il faut que l'on fasse des examens réguliers sur nos canard, pour vérifier qu'ils sont en bonne santé, ou même pourquoi pas les soumettre à une campagne de vaccination." Car Michaël en est persuadé, d'autres épidémies de grippe aviaire viendront. Et pour continuer de chasser avec des appelants, il faudra être rigoureux.

Le chasseur rentrera bredouille pour aujourd'hui.  - Radio France
Le chasseur rentrera bredouille pour aujourd'hui. © Radio France - Jade Peychieras