Agriculture – Pêche

Grippe aviaire : les éleveurs landais ne veulent plus tuer leurs canards

Par Lisa Melia, France Bleu Gascogne et France Bleu mercredi 18 janvier 2017 à 18:59 Mis à jour le mercredi 18 janvier 2017 à 21:52

Grippe aviaire
Grippe aviaire © Radio France - Hervé Blanchard

Les éleveurs landais ne supportent plus de voir leurs canards partir à l'équarrissage, alors qu'ils sont sains. Surtout que le vide sanitaire ne fonctionne pas aussi bien qu'il le devrait et que la zone concernée par le virus ne cesse de progresser.

"Nous avions accepté le vide sanitaire, parce qu'on nous assurait qu'il fallait créer un mur entre les zones infectées et le reste des Landes. Au final, ce mur n'est qu'une passoire. Leur méthode ne fonctionne pas." Ce constat amer est dressé par Julien Fesentieu, éleveur de canards prêts-à-gaver à Montsoué. Ce mercredi 18 janvier, une vingtaine d'éleveurs se sont réunis à Benquet, pour échanger et pour dire leur ras-le-bol de voir leurs volailles partir à l’équarrissage alors qu'elles sont saines.

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Au final, plus d'un million d'oiseaux devraient être menés à l'abattoir. C'est d'ailleurs pour protester contre ce qu'ils considèrent comme une absurdité qu'ils ont lancé une pétition sur le site change.org :

La grande majorité des ces animaux étant sains et tout à fait consommables, il est impensable de ne pas laisser la possibilité aux éleveurs de les mener à leur terme pour les laisser entrer dans le circuit de commercialisation classique. Continuer dans ce sens reviendrait à faire disparaître la filière d'élevage de palmipèdes du sud ouest et ses 100.000 emplois directs".

Ce sont 200 tonnes d'animaux sains qui sont éliminés, tempête Julien Fesentieu. Selon l'éleveur, les analyses réalisées post-mortem prouvent que 90% des palmipèdes n'étaient pas porteurs du virus.

Julien Fesentieu, éleveur à Montsoué

La colère est telle que certains éleveurs envisagent même de refuser d'euthanasier leurs volailles. Un agriculteur de Saint-Sever l'a tenté, il a prévenu les autorités qu'ils ne leur ouvrirait pas les portes de sa ferme quand elles se présenteraient pour emmener ses bêtes. Finalement, il laissera ses canards être emmenés à l'équarrissage.

Pas le choix, reconnaissent les agriculteurs : en cas de refus de respecter l'arrêté, ils risquent des amendes jusqu'à 15.000 euros. "Et ça, nous ne pouvons pas nous le permettre", conclut Julien Fesentieu.

CARTE - Ci-dessous, vous pouvez voir l'évolution de zone concernée par les abattages. Plus la couleur bleue est claire, plus le placement en zone d'abattage est récent. Les communes en vert ne font plus partie du périmètre. Vous pouvez zoomer et dézoomer dans la carte à l'aide des boutons + et -.