Agriculture – Pêche

Grippe aviaire : pourquoi les élevages de canards et d'oies doivent-ils se vider d'ici avril ?

Par Olivier Uguen, France Bleu Béarn, France Bleu Gironde et France Bleu Périgord vendredi 15 janvier 2016 à 11:11

Elevage de canards (illustration)
Elevage de canards (illustration) © Maxppp

Invité de France Bleu Périgord ce vendredi matin, le directeur de l'alimentation au ministère de l'Agriculture, Patrick Deheaumont, explique les mesures drastiques prises ce jeudi pour endiguer la grippe aviaire dans le sud-ouest. "La décision c'est d'éradiquer le virus".

Dans quatre mois, il n'y aura plus un canard ou une oie vivants dans les départements du sud-ouest touchés par la grippe aviaire, c'est à dire en Dordogne, dans les Landes, la Haute-Vienne, le Gers, les Pyrénées-Atlantiques, les Hautes-Pyrénées, le Lot et la Haute-Garonne. Conséquence des mesures adoptées ce jeudi par le ministère de l'Agriculture pour stopper le développement de l'épizootie.

Une première en France

Le Conseil national d'orientation de la politique sanitaire animale et végétale (CNOPSAV) réuni ce jeudi à Paris préconise de frapper fort pour endiguer la grippe aviaire (69 foyers détectés depuis le début de l'épidémie). Si l'abattage massif envisagé ces jours derniers n'est plus d'actualité, les élevages d'oies et de canards du sud-ouest vont devoir geler leur production d'ici à quatre mois, une première en France. Ensuite il y aura un vide sanitaire d'un à deux mois, d'avril à juin ou juillet, pour désinfecter les exploitations. 

"Élimination progressive des animaux sans abattage total"

"La décision c'est d'éradiquer le virus", explique le directeur de l'alimentation au ministère de l'Agriculture, Patrick Deheaumont. "Pour que ce vide sanitaire soit efficace, il faut qu'à un moment donné on n'ait plus de palmipèdes présents sur une zone donnée, que l'on ait ce temps de nettoyage et de désinfection, pour ensuite repeupler avec des animaux sains dans des élevages qui auront été assainis".

"L'idée c'est d'arrêter à partir de lundi la mise en place des canetons dans les élevages (...). Au fur et à mesure que les élevages vont se vider, on va pouvoir faire du nettoyage / désinfection" (...). "On pourra remettre ensuite des animaux sains dans un environnement sain".

Autre avantage de ces mesures, selon Patrick Deheaumont : "on n'aura pas de manque de production pour la période festive de Noël prochain". En revanche, cet été, il faudra s'approvisionner ailleurs, "dans d'autres régions du territoire".

"C'est la profession qui a demandé qu'on procède de cette façon-là", précise le directeur de l'alimentation, invité de France Bleu Périgord ce vendredi matin, au micro de Valérie Dejean.

Grippe aviaire : Patrick Deheaumont invité de France Bleu Périgord (1)

Grippe aviaire : Patrick Deheaumont invité de France Bleu Périgord (2)

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