Agriculture – Pêche

Les vignes durement touchées par le gel en Champagne

Par Sophie Constanzer, France Bleu Champagne-Ardenne jeudi 20 avril 2017 à 18:14 Mis à jour le vendredi 21 avril 2017 à 11:22

Certains bourgeons, parfois très avancés, ont été complètement "brûlés" par le gel.
Certains bourgeons, parfois très avancés, ont été complètement "brûlés" par le gel. © Radio France - Sophie Constanzer

Les températures sont descendues jusqu'à moins 6 degrés dans la Marne ce jeudi 20 avril et les vignes n'ont pas résisté. Précisément les bourgeons... car précoces de deux semaines en moyenne en Champagne, certains bourgeons ont littéralement été brûlés par le froid.

Il a fait froid, trop froid pour les vignes, par endroits : - 5 degrés relevés à Mailly-Champagne ce jeudi matin, - 4 dans la vallée de la Marne... Et le résultat : ce sont des bourgeons noircis, brûlés par le froid, et qui ne donneront plus de fruits. La tournée d'inspection dans les vignes a débuté dès 10 h ce matin pour Benoît Bernard, à Dizy. Et pas besoin de monter bien haut dans les parcelles pour voir les dégâts, notamment dans les parcelles de Chardonnay. "Vous voyez là c'est complètement fané, il reste un bourgeon là et un bourgeon là et après tout ça c'est fané!", explique Benoît Bernard. Même diagnostic en face à Cumières.

On avait de l'espoir que ça passe parce que le temps était très sec... mais c'est pas passé -- Daniel Etienne à Cumières

"Avec le gel on peut jamais prévoir, y'a pas de règle : ce bourgeon il est gelé, un autre il est pas gelé...", constate Daniel Etienne.Les dernières grosses gelées dans cette zone autour d'Epernay datent de 2003."En 2003, à -6, on avait moins de dégâts... on a eu des dégâts deux nuits plus tard alors qu'une averse était tombée la veille... cette année vous voyez, on avait de l'espoir que ça passe parce que le temps était très sec... et c'est pas passé...", souligne Daniel Etienne, qui cultive 7 hectares et demi de vignes, dont 3 hectares à Cumières.

Et dans une parcelle de chardonnay à l'entrée de Cumières, le vigneron ne cache pas sa tristesse devant les dégâts : "dans cette parcelle je fais un vin magnifique, c'est vraiment décevant parce qu'on sait déjà qu'on va manquer de cette parcelle pour faire nos assemblages... s'il m'en reste une bonne moitié je serai déjà content". Le problème c'est que les bourgeons avaient parfois 15 jours et même 3 semaines d'avance dans certaines parcelles. Pour l'instant, difficile de faire un bilan global des dégâts en Champagne, mais il devrait être fait dans les jours à venir.

Reportage autour d'Epernay.