Agriculture – Pêche

Haute-Saône : opération coup de poing des agriculteurs

Par Lila Lefebvre, France Bleu Besançon mercredi 10 août 2016 à 20:51

Une trentaine d'agriculteurs est venue vérifier que les produits incriminés avaient bien disparu des rayons.
Une trentaine d'agriculteurs est venue vérifier que les produits incriminés avaient bien disparu des rayons. © Radio France - Lila Lefebvre

Les producteurs de lait et de viande de Haute-Saône ont manifesté une nouvelle fois leur colère mercredi dans les supermarchés de la région. Ils y ont fait retirer les produits de grands industriel tel que Lactalis, Bigard ou encore Charal, pour dénoncer les prix trop bas qu'ils pratiquent.

Ils s'étaient donné rendez-vous à vers dix heures devant plusieurs supermarchés de la région. L'objectif : vérifier qu'aucun produit des marques Lactalis, Bigard ou Charal n'était en rayon. En début de semaine, les agriculteurs de la Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles de Haute-Saône en commune avec les Jeunes agriculteurs de Haute-Saône et la Fédération départementale du lait ont enjoint les dirigeants de supermarchés à retirer provisoirement tous les produits de ces grandes marques de leurs étales.

Un mouvement bien suivi

Globalement une grande partie des commerçants a répondu à l'appel, pas un camembert président ou un steak hachés Charal des les supermarchés de Vesoul aujourd'hui. "Je l'ai fait pour les soutenir, explique Nicolas Bocquet, directeur d'un Intermarché à Vesoul. Ce n'est pas normal, ce sont des gens qui travaillent sept jours sur sept sans être payés". Si à Vesoul les supermarchés ont joué le jeu, les agriculteurs ont reçu un accueil moins jovial à Arc-les-Gray... Le gérant du magasin Casino les attendaient avec un huissier de justice,  refusant de retirer ces produits de ses rayons. En représailles, les agriculteurs ont déversé deux bennes de fumier à l'entrée.

La plupart des commerçants du département ont joué le jeu. - Radio France
La plupart des commerçants du département ont joué le jeu. © Radio France - Lila Lefebvre

"Aujourd'hui s'en est trop,  soupire Sylvain Cruceret président de la FDSEA de Haute-Saône, on a des charges à payer et on ne peut plus faire face". Pour cet éleveur impossible de rentrer dans ses frais, aujourd'hui le prix du lait est trop bas pour rembourser ce qu'il investit dans l'alimentation et l'entretien de ses animaux. "Notre coût de production  est de 34 centimes du litre de lait et nous ne sommes rémunérés qu'entre 24 et 27 centimes par les grands groupes agroalimentaires."

C'est la mort de notre agriculture"

Les producteurs de lait et de viandes appellent les grands groupes à revenir à la table des négociations. Ils leur demandent de prendre mieux en compte leurs coûts de production.

Mais c'est aussi un cri d'alarme lancé au gouvernement "Nous voudrions qu'il réponde si oui ou non il veut sauver l'agriculture française", s'indigne Sylvain Cruceret, comme il a sauvé les banques ou l'industrie automobile". Ils réclament du gouvernement une aide financière pour combler leurs dettes.

La semaine dernière, la FDSEA de Haute-Saône avait déjà appelé les agriculteurs à arrêter de payer la TVA sur les biens qu'ils achètent dans le cadre de leur activité.