Agriculture – Pêche

Elles étaient attendues par les agriculteurs bourguignons sinistrés : le gouvernement dévoile de nouvelles aides

Par Jacky Page, France Bleu Bourgogne mardi 4 octobre 2016 à 19:14

Au printemps, les champs dans le Val de Saône étaient sous les eaux
Au printemps, les champs dans le Val de Saône étaient sous les eaux © Radio France - Jacky Page

Le gouvernement a dévoilé ce mardi un nouveau plan pour soutenir l'agriculture, en particulier les céréaliers dont les récoltes ont été compromises par les intempéries du printemps, mais aussi les éleveurs toujours dans la tourmente.

Ces aides s'articulent autour de trois axes : la garantie des prêts, le soutien à la trésorerie, et l'accompagnement social. La principale mesure, c'est la garantie apportée par l'Etat, via la banque publique Bpifrance, sur la moitié des prêts des agriculteurs en difficulté, afin de leur permettre d'emprunter auprès des banques aux mêmes taux que si leur exploitation se portait bien.

Afin de soutenir la trésorerie des exploitations, le dégrèvement de 30 à 60% de la taxe sur le foncier non bâti dans les 6 régions touchées par les inondations de printemps, dont la Bourgogne-Franche-Comté, sera étendu aux prairies. Il y aura un remboursement anticipé de la TVA, et pour ceux qui ont eu en 2015 et 2016 un revenu inférieur à 4250 euros, les cotisations sociales ne seront calculées que sur les seuls revenus de l'année 2016. En outre, le dispositif d'année blanche, la suspension des remboursements d'emprunts, qui devait se terminer en octobre, est prolongé jusqu'à la fin de l'année.

Enfin, le gouvernement va augmenter l'enveloppe attribuée aux aides à la reconversion professionnelle des agriculteurs. Et il va mettre en place avec La Mutualité Sociale Agricole des possibilités de remplacement des agriculteurs victimes d'épuisement professionnel, ainsi que des retraites anticipées.

« Il faudrait moins de taxes et de cotisations sociales »

Vincent Bonnefoy est un jeune agriculteur dans le Val de Saône où il exploite 170 hectares. Nous l'avions rencontré début juin alors qu'il inspectait ses champs gorgés d'eau. Ses craintes se sont depuis confirmées avec des baisses de rendement de 40% et une qualité médiocre. Il ne se sent pas concerné par la garantie d’emprunt apportée par l’Etat, qui est pour lui une forme d’encouragement à l’endettement. Même chose pour l’année blanche prolongée jusqu’à la fin de l’année. « Ça ne fait que repousser à plus tard des remboursements qui resteront dus de toute façon ».

Pour lui, il faudrait aller au plus simple : moins de taxes et de cotisations sociales. « Je dois être taxé à hauteur de près de 70%. Et puis cette année, je vais être en déficit de 70.000 €. C’est la deuxième fois en quatre ans que je ne gagne rien. Je perds 70.000 € et en plus on va me demander de payer 10.000 ou 15.000 € de cotisations MSA. Je suis jeune agriculteur dans une zone sinistrée, je ne devrais pas payer de cotisations sociales. »

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