Agriculture – Pêche

Rentrée de la FNSEA un peu houleuse entre les agriculteurs et le préfet de région Nouvelle Aquitaine

Par Pauline Ben Ali, France Bleu Béarn, France Bleu Creuse, France Bleu Gascogne, France Bleu Gironde, France Bleu Limousin, France Bleu Pays Basque et France Bleu Périgord mardi 30 août 2016 à 15:50

70 personnes environ ont assisté à cette réunion de rentrée de la FNSEA au Gaec Rhea de Montagnac la Crempse.
70 personnes environ ont assisté à cette réunion de rentrée de la FNSEA au Gaec Rhea de Montagnac la Crempse. © Radio France - Pauline Ben Ali

Les principaux acteurs du monde agricole de la grande région s'étaient donnés rendez-vous à Montagnac-la-Crempse pour la réunion de rentrée de la FNSEA-Nouvelle Aquitaine. Des agriculteurs qui ont à nouveau exposé leurs problèmes sans prendre de pincettes avec le préfet de région et les élus.

Lors de la réunion de rentrée de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles ce mardi à la ferme du Gaec Rhéa 66 à Montagnac-la-Crempse, environ 70 personnes, représentants agricoles des différentes fédérations départementales de la nouvelle grande région, et agriculteurs ont tenu un compte rendu de la situation actuelle au niveau régional, en compagnie des élus et du préfet de région. Les agriculteurs ont à nouveau exposé leurs problèmes sans prendre de gants.

Ambiance tendue

Germinal Peiro s'est exprimé lors des discours, avant de s'éclipser pour la cérémonie de retour des athlètes aux Jeux Olympiques organisée au Conseil départemental de Dordogne. En tant que secrétaire national du PS en charge de l'agriculture, l'élu a affirmé vouloir militer aujourd'hui "pour sortir l'agriculture des contraintes de l'Organisation mondiale du Commerce".

"Sans régulation, l'agriculture va à la catastrophe"

L'élu a exprimé le souhait de remettre en place une régulation au niveau de l'Union Européenne, et notamment des quotas laitiers "Il faut faire une exception agricole comme l'on a fait une exception culturelle", estimant que sans régulation, l'agriculture se dirige vers la catastrophe.

Je décerne la médaille d'or du discours à Germinal Peiro. - Bernard Layre, président de la FDSEA des Pyrénées Atlantiques

Un discours à demi apprécié par les agriculteurs, aujourd'hui défiants envers la parole de leurs élus. Notamment Bernard Layre, agriculteur et président de la FDSEA des Pyrénées Atlantiques, qui a taclé le président du Conseil départemental de Dordogne"Je décerne la médaille d'or du discours à Germinal Peiro, un peu en décalage avec le gouvernement et la majorité dont il fait partie, entre des orientations qui paraissent fantastiques et une administration centrale qui peine à avancer".

L'agriculteur ne croit pas à un retour en arrière sur la remise en place d'une régulation au niveau européen.

"Ne vous faites pas plus royaliste que le roi" le préfet de région attaqué sur la politique gouvernementale

Des attaques qui visent aussi le préfet de région Pierre Dartout "Monsieur le préfet ne vous faites pas plus royaliste que le roi", le gouvernement étant accusé de faire plus que ce que demande l'Union Européenne en matière de mesures environnementales.

Une accusation que rejette le représentant de l'Etat. Selon lui, la volonté du gouvernement est de simplifier les mesures ces dernières années "Je prend l'exemple des nitrates, une directive européenne est sortie en 1991, et depuis 2013 nous en sommes au cinquième programme national de l'application de la directive, et malheureusement les quatre programmes précédents ne sont pas allés suffisamment loin dans l'application de la directive européenne".

La concurrence espagnole toujours dans les débats

Selon Pierre Veyssi, le président de la fédération des producteurs de lait en Dordogne, le gouvernement reste inactif face à la concurrence jugée déloyale de certains pays étrangers "Quand nous désherbons un hectare de maïs pour faire du lait dans notre département, ça coûte entre 100 et 150 euros l'hectare, et on nous met en concurrence avec des Espagnols qui désherbent avec des produits qui ne sont plus autorisés chez nous, et dont l'hectare coûte 15 euros".

Les agriculteurs réclament un étiquetage plus clair sur la provenance des produits et les pesticides utilisés lors de leur production. La réunion s'est poursuivie par une visite et un déjeuner sur l'exploitation périgourdine.

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