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Agriculture – Pêche

"Il ne faut pas tomber dans le populisme" pour le président de la Chambre d'agriculture de Dordogne en pleine élection

lundi 28 janvier 2019 à 20:07 Par Stéphane Garcia, France Bleu Périgord

Alors que le pays est secoué par le mouvement des gilets jaunes, le monde agricole, affaibli économiquement, qui se sent incompris, pourrait être tenté à son tour de bousculer ses représentants perçus comme trop institutionnels.

Alors que les élections dans les Chambres d'agriculture s'achèvent le 31 janvier, elles n'emballent pas les foules.
Alors que les élections dans les Chambres d'agriculture s'achèvent le 31 janvier, elles n'emballent pas les foules. © Maxppp - Maxppp

Périgueux, France

La FNSEA va t-elle perdre le contrôle de la chambre d'agriculture de Dorgogne ? Alors que les élections s'achèvent le 31 janvier, elles n'emballent pas les foules : seulement 27% de votes, 9.000 électeurs sur 33.336 au total en Dordogne. Dans un contexte de crise sociale et de détresse du monde paysan. Beaucoup craignent une abstention encore plus importante qu'en 2013 lors des dernières élections (avec 53%). Jean-Philippe Granger, président de la Chambre d'agriculture de Dordogne, fait part de son inquiétude.

France Bleu Périgord : Comment expliquez-vous la faible participation ?

Jean-Philippe Granger : Je comprends le mal-être du monde agricole, le choix des agriculteurs qui ne votent pas. Je pense que cela relève surtout d'un manque de confiance dans les institutions. Dire aujourd'hui "quoiqu'on fasse, ça ne sert à rien". Pourtant, il faut continuer à se battre pour protéger notre profession, surtout des attaques venant du reste de la société. Après, c'est dommage car il y a énormément d'enjeux. La Chambre d'agriculture apporte sa pierre à l'édifice lorsqu'il y a des débats sur les politique agricoles, que ça soit à l'échelle européenne, nationale, régionale et départementale. Notamment sur la question des financements des projets, des aides etc, c'est la Chambre d'agriculture qui est l'interlocuteur principal. Et pour avoir du poids dans les négociations, il vaut mieux avoir été élu avec beaucoup de votants, il en va de la crédibilité des élus.

Vous ne craignez pas être victime du dégagisme ambiant ?

Dégager quelqu'un c'est facile, par contre le travail reste à faire derrière. Est-ce que les personnes qui pourraient prendre la suite seraient aptes à faire le travail, à changer les choses ? Cela peut-être pire, il faut l'avoir en tête et c'est ça qui est inquiétant. Si l'on regarde l'histoire, dans les départements où la FNSEA n'est plus aux manettes, c'est un problème d'homme. Nous avons l'exemple en Dordogne. Monsieur Chassagne [Eric], au lieu de travailler sur les projets pour le département, a préféré monter son propre syndicat, pour lui. Si vous dites à tous les agriculteurs "il faut être nombreux, on ne veut plus de primes mais des prix plus élevés" 100 % des agriculteurs vont être d'accord. Le problème c'est comment on y arrive, sinon c'est de la démagogie, du populisme. Et en définitive, toutes ces querelles se font aux dépends des agriculteurs.

Comment faire évoluer l'agriculture dans le département dans les prochaines années ?

On est déjà l'un des deux seuls départements de France à être arrivé à faire une installation pour un départ en 2018. Mais depuis quatre ans, la majorité de ces installations sont du maraîchage pour de la vente directe. Le problème c'est qu'on arrive à un niveau de saturation dans les marchés. Il faut donc encourager et les aider à faire aussi de la production pour d'autres réseaux. Pour les collectivités, pour les plans alimentaires territoriaux. Pour cela, il faut qu'on arrive à les guider entre un projet initial qu'ils ont, et ce dont on a besoin pour l'économie et le développement du territoire. Si on ne fait pas ça, on va arriver à d'autres problèmes. Il y a l'enjeu aussi du renouvellement de génération, en particulier chez les éleveurs et les céréaliers, ce sont pour la plupart des exploitations qui coûtent cher à reprendre avec une rentabilité mauvaise en ce moment. Il faut anticiper cela sur les cinq prochaines années.